Arrêtons la fable. Dire que la “liberté d’expression est en sursis” sur le cas FRIVAO, c’est une romance pour midinette des droits de l’homme qui n’a jamais ouvert un manuel de procédure. Le justiciable dont vous pleurez la disparition des ondes n’est pas un “Sage” cueillant la critique comme une fleur ; c’est un officier de justice assermenté.
S’il confond le prétoire avec un plateau de télé-réalité et le devoir de réserve avec une chronique de caniveau, il en assume logiquement les conséquences pénales. L’État n’est pas un “Orgueilleux” qui rejette la correction ; c’est une mécanique qui applique la loi lorsque l’on franchit la ligne rouge de l’outrage. Est-il injoignable ? Peut-être faut-il simplement se demander si ce n’est pas le bruit sourd du marteau du juge la raison, plutôt que d’imaginer un sombre complot du Ministre Ngefa.
Le “silence radio” du Ministre d’État Guillaume Ngefa n’est pas une censure, c’est le son de la procédure qui suit son cours. Ce contraste grotesque entre “Le Moqueur” et “Le Sage” est l’arme fatale des démagogues sans idées. C’est beau, c’est propre, c’est biblique. Mais la gouvernance ne se fait pas avec des paraboles de catéchisme. Vous appelez “Sage” celui qui tend la joue ? En politique, on appelle cela un faible, et son “outil de progression” devient vite le marchepied de ses fossoyeurs.
La grandeur d’un homme d’État, cher obligé, ne se mesure pas à sa capacité à écouter passivement la diffamation habillée en “critique constructive”. Elle se mesure à sa détermination à ne pas laisser la République se dissoudre dans la clameur de ceux qui prennent le micro pour un sceptre et l’invective pour un argument juridique. Écouter, oui. Se laisser piétiner par le premier robin en mal de buzz, non.
Et puisque vous terminez en appelant de vos vœux une humilité de façade et une soumission aux cris d’orfraie, finissons-en avec cette mascarade. Prier pour que l’Exécutif soit “humble” selon votre définition, c’est prier pour qu’il devienne le paillasson institutionnel sur lequel chaque avocat en quête de gloire viendrait s’essuyer les pieds. Le vrai dépassement — ce fameux “OLEKI YE” que vous brandissez comme un étendard — ne consiste pas à faire le dos rond sous les quolibets d’un barreau parfois plus habile en effets de manche qu’en démonstrations juridiques.
Il consiste à rappeler, par le bruit sec de la Loi si nécessaire, que la Justice n’est pas un bien meuble qu’on se partage sur les ondes entre deux jingles publicitaires. Le silence radio des uns n’est que le prélude au vacarme des bétonnières et au bruit sourd des réformes qui avancent. Pendant que vous pleurez les bruits d’hier, la machine, elle, tourne déjà à plein régime, sourde aux complaintes et concentrée sur l’essentiel : les faits.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













