Le président sortant Félix Tshisekedi s’est récemment présenté devant un groupe de journalistes lors d’une invitation du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) dans le cadre des enregistrements et des diffusions des émissions des candidats à la présidence de la République. Cependant, cette initiative prétendument démocratique laisse beaucoup à désirer.
Le programme établi par le CSAC accorde à chaque candidat ou à son représentant 90 minutes pour exposer leur vision de gouvernance du pays à travers sept thématiques principales. Bien que cela puisse sembler équitable en apparence, il est essentiel de souligner les lacunes de cette approche.
Lors de cette émission, les thématiques abordées comprenaient la politique nationale, l’administration territoriale et les réformes institutionnelles, la justice et les droits humains, la sécurité nationale et la cohabitation intercommunautaire, les stratégies économiques et le développement industriel, les défis environnementaux et le développement durable, la diplomatie et le rayonnement international de la RDC, ainsi que la promotion de la femme et de la jeunesse.
Bien que le président Tshisekedi ait répondu aux questions qui lui ont été posées, il est regrettable de constater que cette initiative ne parvient pas à susciter un véritable débat démocratique. Les questions posées semblaient souvent être prévisibles et superficielles, ne permettant pas une exploration approfondie des enjeux complexes auxquels le pays est confronté.
Certes, la présence du président devant les médias locaux est une exigence légale conformément à la Loi organique n° 11/001 du 10 janvier 2011 régissant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication. Cependant, il est essentiel de se demander si cet exercice répond réellement à l’objectif de promouvoir la transparence et l’équité dans le processus électoral.
Le CSAC prétend vouloir éviter le désordre, la cacophonie et le favoritisme qui ont caractérisé les passages médiatiques lors des campagnes électorales passées. Pourtant, cette approche ne semble pas remédier aux problèmes profonds qui ont entravé la véritable expression démocratique dans le pays.
Il est crucial de rappeler que la démocratie ne se limite pas à accorder un temps d’antenne égal à chaque candidat. Une véritable démocratie exige un cadre propice à un débat ouvert et critique, où les candidats peuvent exposer leurs idées, confronter leurs visions et répondre à des questions exigeantes.
En somme, le passage de Félix Tshisekedi à la presse sous le modèle du CSAC a manqué l’occasion de promouvoir une véritable transparence et un débat démocratique approfondi. Il est essentiel de repenser cette approche afin de garantir un processus électoral plus équitable et une réelle participation citoyenne dans la construction de l’avenir de la République démocratique du Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain













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