Ce 16 octobre 2025, depuis Goma, le RDF/M23 – groupe terroriste rwandais – a cru bon de franchir une nouvelle étape dans la provocation en annonçant la délivrance de ses propres visas et la création d’une administration parallèle. Cette mascarade, aussi grotesque que dangereuse, ne mérite qu’une réponse : le mépris le plus total, appuyé par la rigueur du droit et la fermeté d’un État souverain.
Vouloir délivrer des visas, réguler les entrées sur un territoire, prétendre administrer : voilà les attributs d’un État, pas d’une milice. En s’arrogeant des prérogatives qui ne lui appartiennent pas, le RDF/M23 ne fait que rejouer le même scénario de déstabilisation qui a trop longtemps ensanglanté l’Est de la RD Congo. Mais cette fois, le groupe terroriste tente d’habiller son projet sécessionniste d’un vernis administratif. Pitoyable.
Le droit international est pourtant sans équivoque : la Convention de Montevideo (1933) exige un gouvernement effectif pour exercer des compétences étatiques. Le RDF/M23, entité illégale et non reconnue, ne répond à aucun de ces critères. Ses “visas” ne vaudront jamais plus que le papier sur lequel ils seront imprimés : rien. L’audace – ou l’impudence – va jusqu’à invoquer le droit international humanitaire pour justifier cette forfaiture.
C’est un peu comme si un pyromane se présentait comme pompier. Les Conventions de Genève, conçues pour protéger les civils en temps de conflit, ne confèrent aucune légitimité administrative à qui que ce soit, encore moins à un groupe dont l’existence même viole les principes fondamentaux de ce droit. Quant au principe de “réciprocité” brandi comme un hochet, il frise la farce.
La réciprocité est un principe qui régit les relations entre États, pas entre un État légitime et une milice terroriste. Imaginer un dialogue entre Kinshasa et le RDF/M23 sur ce terrain relève de la fantaisie la plus totale – ou de la manipulation la plus cynique. Derrière cette annonce se cache une stratégie claire : institutionnaliser l’occupation illégale de portions du territoire congolais et banaliser l’idée d’une administration parallèle.
Cette manœuvre ne vise pas seulement à défier Kinshasa, mais aussi à tester la résistance de la communauté internationale. C’est un coup de poing sur la table de ceux qui croient pouvoir redessiner les frontières par la force. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, à travers plusieurs résolutions, a pourtant condamné à maintes reprises les activités des groupes armés en RDC.
La Résolution 2293 (2016) et celles qui ont suivi sont sans ambiguïté : ces agissements sont une menace pour la paix et la sécurité internationales. Face à cette pantalonnade, le Gouvernement congolais par la voix de Patrick Muyaya a réaffirmé avec une clarté salutaire ce que le droit et la raison imposent . Ces prétendus actes administratifs des terroristes occupant nos terres sont nuls et non avenus.
La souveraineté de la RDC, son intégrité territoriale et l’autorité de ses institutions ne se négocient pas. La communauté internationale est appelée à ne prêter aucune attention, aucune reconnaissance, à ces velléités sécessionnistes. L’Histoire condamnera cette mascarade. Le RDF/M23 peut bien jouer les apprentis sorciers avec des tampons et des formulaires.
L’Histoire, elle, retiendra que ces manœuvres ne sont que la continuation d’une agression par d’autres moyens. La RDC, debout et souveraine, ne pliera jamais ni aujourd’hui encore moins demain. Le droit, tôt ou tard, triomphera de la force. Et ces “visas” illusoires rejoindront les autres chimères dans les poubelles de l’Histoire. Mais le peuple Congolais, lui, n’oubliera jamais et nous serons là pour le lui rappeler.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













