Un an après son accession contestée à la tête du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu incarne la quintessence d’une gouvernance par le théâtre des illusions. Tandis que ses prédécesseurs ont laissé des traces tangibles – routes, écoles, infrastructures sanitaires –, l’ère Bakomito se résume à des photos de première pierre, des promesses creuses et des mensonges éhontés.
Il nous est apparu utile de démonter, preuves à l’appui, l’imposture d’un exécutif provincial qui préfère les gesticulations médiatiques aux réalisations concrètes. Rien n’est pire que l’art de la mystification avec des chiffres qui mentent avec une voirie urbaine qui est un véritable mirage asphalté. Jean Bakomito Gambu parle de 43 kilomètres d’asphalte promis ? Ce sont des projets fantômes.
En réalité, 10 km seulement ont été financés par le gouvernement provincial, et encore, sur des axes non précisés. Le reste ? Un mélange de canalisation interminable et de travaux fantômes. Route Faradje-Dungu qualifiée à tort de “compactage”, cette route n’est qu’un simple dégagement de terre, loin des standards d’une véritable réhabilitation. Et que dire des toilettes publiques qui n’existent pas ?
Un symbole criant de l’incompétence : aucune toilette publique inaugurée en un an. Pendant ce temps, la population continue de subir des conditions d’hygiène déplorables. On assiste à une cascade de premières pierres qui sont en réalité de dernières tromperies. Tenez, les zélateurs du gouverneur Jean Bakomito Gambu parle de l’école TAYI. C’est un don déguisé en réalisation.
Jean Bakomito ose s’attribuer la construction de l’école de Tayi, alors qu’il s’agit en réalité d’un don de Kibali Gold, initié par l’Église protestante. La seule contribution du gouvernorat ? Une photo de première pierre pour la galerie. Le nouveau bâtiment du Gouvernorat est un chantier abandonné. Sur le site de l’ancien CFU, après la pose symbolique d’une première pierre, plus rien n’a été fait.
Aucun mur, aucune fondation – juste un terrain vide qui témoigne de l’inaction coupable de l’exécutif. L’hôpital général d’Isiro n’a jamais vu aucune peinture coulée. C’était pourtant une promesse solennelle : repeindre l’hôpital général. Résultat ? Aucun pot de peinture n’a été ouvert. Les malades continuent de souffrir dans des infrastructures délabrées. Le pont de Bomokandi et ses 10 mètres de dernière phase imaginaire.
Affirmer que les travaux sont dans leur “dernière phase” alors qu’à peine 10 mètres ont été réalisés relève de la mauvaise foi la plus crasse. Si c’était vrai, les réseaux sociaux de ses partisans en seraient inondés. La répression silencieuse, ce que Christophe Baseane Nangaa n’avait jamais fait en 5 ans de critiques, Jean Bakomito Gambu le réalise en un an. Un pouvoir qui étouffe les contestations.
Plusieurs jeunes du Haut-Uélé ont été arrêtés et accusés à tort simplement pour avoir critiqué la mauvaise gouvernance de Jean Bakomito. Une méthode bien rodée pour museler l’opposition et la société civile. Être avocat n’immunise pas des violations des lois. L’ancien président du barreau d’Isiro excelle dans les nominations clientélistes et dans la création des structures budgétivores où il place ses amis.
La nomination de ses conseillers a été marquée par des contournements flagrants des procédures, prouvant que Jean Bakomito Gambu gère la province comme une affaire familiale. C’est normal, il est issu de l’alliance des oncles de Gombe qui ne trouvent rien à redire sur la désintégration des infrastructures provinciales. Ainsi le passé Baseane Nangaa écrase le présent Bakomito Gambu.
Sous Christophe Baseane Nangaa, le trajet Isiro-Aru se faisait en une journée. Aujourd’hui, il faut minimum trois jours à cause de routes en ruine. Jean Bakomito a-t-il seulement emprunté ces axes ? C’est un calvaire. Les ronds-points d’Isiro, autrefois fonctionnels, ont été démolis sans raison valable. Aucun projet sérieux ne les remplace – juste des terrains vagues qui symbolisent le vide politique de ce gouvernement.
Isiro est devenu une ville en décrépitude. L’eau potable est absente. La population manque d’eau, mais le gouverneur Bakomito préfère distribuer des motos à des partisans qui en possédaient déjà. Une dépense inutile, alors que les besoins essentiels sont ignorés. Même les proches du gouverneur admettent, en off, qu’il “n’a rien foutu” depuis son élection. Ils demandent “du temps” pour qu’il s’amende.
Mais le peuple du Haut-Uélé, lui, n’a plus de patience. Les promesses de campagne ne nourrissent pas, ne soignent pas, ne construisent pas. Jean Bakomito Gambu dirige un gouvernement creux, où l’inaction se pare de communication mensongère. Pendant que la province s’enfonce dans la précarité, lui se contente de poser pour des photos et d’inventer des succès imaginaires.
Au peuple du Haut-Uélé : exigez des comptes. Ne vous laissez pas berner par les discours. Souvenez-vous de ce que feu Lola Kisanga et Baseane Nangaa ont accompli, et mesurez l’étendue de la régression. Au gouverneur Jean Bakomito : Les premières pierres ne construisent pas des villes. Les photos ne remplacent pas les réalisations. Et le temps, lui, est déjà compté. Les faits sont têtus et ils accusent.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













