Ligue congolaise pour la paix, les droits de l’Homme et les élections (LICOPADEL), a organisé deux conférences débats pour éclairer les leaders des organisations des femmes, les jeunes , les médias et les organisations de la société civile ainsi que des personnes vivant avec handicap et les peuples autochtones sur le respect des pratiques de démocratique, le respect des droits humains ainsi que de la problématique du changement de la Constitution en RDC.
Ces activités ont eu lieu le jeudi 28 novembre au Centre d’accueil protestant de Nguba, dans la ville de Bukavu, et le samedi 30 novembre dans la salle de conférence de l’hôtel Bravoure, au Centre ville de Goma, sa la province du Nord-Kivu, La LICOPADEL a organisé ces activités dans le cadre de son programme de la promotion des droits humains et les pratiques démocratiques et la participation des femmes , des jeunes et des peuples autochtones et les autres groupes marginalisés au processus politique en RDC.
Valeurs démocratiques
Abordant le sujet relatif aux pratiques démocratiques, l’orateur de ces assises Maître Patrick Pindu-Dilusanga, défenseur des droits humains, des personnes handicapées, avocat près la Cour d’Appel et Directeur exécutif de la LICOPADEL, a éveillé l’attention de l’auditoire pour afin de veiller au respect des pratiques démocratiques en RDC notamment les gouvernants et les peuples. Me Patrick Pindu-Dilusanga a rappelé qu’il existe 4 valeurs démocratiques que tous les congolais doivent respecter, gouvernants comme gouvernés. Il s’agit notamment de la liberté. A ce sujet, il a indiqué que dans toute démocratique, toutes libertés reconnues à la personne humaine doivent être garanties. La deuxième valeur démocratique , il note la participation. Ce implique de travailler ensemble, pour donner des idées, corriger les erreurs et gérer ensemble les biens publics directement ou indirectement. Il a invité le pouvoir à comprendre que les biens de la République doivent être gérés ensemble avec le population et l’opposition.
Il a également parlé de l’égalité comme valeur démocratique, faisant savoir que dans une démocratie respectable, on ne peut pas avoir des classes sociales. Pas de privilégiés dans les écoles, hôpitaux, au niveau des différents services étatiques etc. Me Patrick Pindu-Dilusanga a également abordé la question de la justice distributive comme 4ème valeur démocratique, insistant sur le fait que tout le monde doit être égal devant la justice qui doit être indépendante.
Pilier de la démocratie
Le Directeur exécutif de la LICOPADEL a également abordé la question des piliers de la démocratie. Selon lui, pour qu’il y ait des pratiques démocratiques, il faut que tout le monde puisse respecter les piliers de la démocratie. À travers ces piliers, Me Patrick Pindu-Dilusanga a développé la question de la souveraineté du peuple, le gouvernement reposant sur le consentement des gouvernés. Il a indiqué ici que c’est le peuple qui choisit librement ses représentants et non les partis politiques. Aussi les règles de la majorité comme troisième pilier. Sur ce point, le Directeur exécutif de la LICOPADEL a indiqué que les décisions prises par les gouvernants renferment les attributs de la majorité de la population. Me Patrick Pindu-Dilusanga souligne néanmoins qu’on doit aussi prendre les opinions de la minorité. Le 4ème c’est le pluralisme social et politique. Il souligne qu’en démocratie, on est adversaire et non ennemi. 5eme pilier, les valeurs de tolérance et de pragmatisme; la reconnaissance des droits de minorité ; la garantie des droits fondamentaux de la personne ; Elections libres et justes, un pilier très important pour la démocratie. Il a martelé que les élections doivent être organisées à tout moment selon le respect de la Constitution ; l’égalité de tous devant de la loi, en évitant la discrimination tout en renforçant la justice indépendante pour tout citoyen ; la procédure légale et régulière ; les valeurs de coopération et de compromis ; les limites imposées au gouvernement par la Constitution. A en croire Me Patrick Pindu-Dilusanga, tout Constitution doit définir les attributions de chaque pouvoir en vue de garantir l’indépendance de chacun et de tous. Dans une société démocratique, les limitations formelles doivent être fixées pour éviter la confiscation de la souveraineté et l’exercice abusif du pouvoir par les animateurs des institutions publiques.
Pour le Directeur exécutif de la LICOPADEL, c’est en respectant les valeurs démocratiques et les 12 piliers de la démocratie, que le gouvernement de la RDC parviendra au respect des droits humains de tous les citoyens. En ce qui concerne la question du changement ou de la révision de la Constitution du 18 février 2006 tel que modifiée en 2011, Me Patrick Pindu-Dilusanga a rappelé qu’il s’agit d’un Pacte républicain pour toute la population congolaise, qui s’est mise ensemble à Sun City pour définir ce qui devait être fait pour éviter les guerres à répétition en RDC. ” Réviser ou changer cette Constitution sur l’initiative d’une seule personne, peut provoquer des tensions et troubles dans le pays ”, a fait remarquer Me Pindu-Dilusanga. A en croire la LICOPADEL, tous les pouvoirs reconnus au président de la République et à la première ministre sont garantis par cette Constitution. Il s’agit du pouvoir de bien gérer et développer la République Démocratique du Congo à travers cet instrument qui est un Pacte républicain.
Cet avocat note qu’il existe certaines dispositions de cette constitution qui peuvent être révisées. Il fait néanmoins remarquer qu’en révisant cette loi fondamentale, qu’on ne touche pas aux articles verrouillés qui parlent notamment du mandat du président de la République, la forme de l’État etc.
Signalons que la LICOPADEL est une organisation de défense des droits de l’Homme, de la bonne gouvernance et de la Culture démocratique.
Tonton Lounda













