La rentrée parlementaire du 29 septembre 2025 doit être un électrochoc pour des élus amorphes et un gouverneur invisible. Tandis que Kinshasa bruisse d’actions politiques concrète pour la rentrée parlementaire, le Haut-Uélé, lui, continue de sombrer dans un silence complice. Une province autrefois prometteuse étouffe sous le poids d’une gestion calamiteuse.
Dirigé par un gouverneur fantôme, Jean Bakomito Gambu, dont l’action – ou plutôt l’inaction – confine à l’abandon de poste, le Haut-Uélé suffoque dans l’indifférence totale. Face à ce naufrage, les élus du peuple, censés incarner un rempart, se terrent dans un mutisme abasourdissant. Le 29 septembre ne doit pas être une simple formalité protocolaire, mais un moment de vérité.
Sur le terrain, la réalité est cinglante. Les centres de santé manquent de tout : médicaments, matériel, personnel motivé. Les écoles se délabrent, les salles de classe sont surpeuplées, et les enseignants, impayés depuis des mois, perdent espoir. Les routes ? Un parcours du combattant qui isole davantage des populations déjà marginalisées. L’autorité provinciale, dirigée par Jean Bakomito Gambu, semble avoir démissionné.
Aucun projet structurant n’émerge, aucune vision n’est communiquée. La gestion est devenue si opaque que l’on se demande si le gouvernorat fonctionne encore, ou s’il s’est simplement évaporé dans l’air vicié de l’indifférence. Où sont passés les élus du peuple ? Le comble du cynisme réside dans le silence assourdissant des députés et sénateurs de la province. Élus pour porter la voix du Haut-Uélé à Kinshasa, ils semblent avoir amnésié leur serment.
Où sont leurs interpellations véhémentes ? Où sont leurs questions orales au gouvernement pour exiger des comptes sur la gestion désastreuse de leur propre terre ? Leur mutisme est une trahison silencieuse, une capitulation face à la fatalité. Ils ont été élus pour être les garde-fous de la démocratie et les défenseurs des sans-voix ; aujourd’hui, ils sont les complices passifs d’un naufrage annoncé.
La rentrée parlementaire ne peut pas être un théâtre d’ombres. Elle doit être le jour où la délégation du Haut-Uélé se lève et clame haut et fort la détresse de ses concitoyens. Il est temps d’interpeller avec force le gouvernement provincial sur l’inaction criante du gouverneur Bakomito Gambu. Il faut exiger une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur la gestion des fonds publics alloués à la province.
Il faut pousser à un audit indépendant des services publics pour évaluer l’étendue des dégâts. La population du Haut-Uélé n’est pas dupe. Elle voit son présent se dégrader et son avenir se voler. La colère gronde, sourde pour l’instant, mais bien réelle. Si les élus ne se ressaisissent pas le 29 septembre, s’ils persistent dans leur léthargie complice, ils devront en assumer l’historique responsabilité.
On ne joue pas impunément avec la vie et l’espoir de tout un peuple. La balle est dans leur camp. Le Haut-Uélé attend, et regarde. Quand le fleuve se tait, c’est que les crocodiles ont déjà mangé les poissons.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












