Les Léopards de la RDC font sensation actuellement à la 34ème édition de la CAN en Côte d’Ivoire en atteignant les demi-finales de la compétition alors que personne ne croyait en eux au début du tournoi. Prochain rendez-vous mercredi 7 février 2024.
Aujourd’hui les Théo Bongonda, Yoane Wissa, Gedéon Masuaku, Arthur Kalulu, Moutoussamy Samuel, Mpassi, Aaron Tshibola, Edo Kayembe, Nzau Lionel, Cedric Bakambu, Meshack Elia, Silas Katompa, Fiston Mayele, Dylan Batubinsika, Gaël Kakuta, Charles Pickel, Joris Kayembe, Dimitry Bertaud, Baggio Siadi, Henock Inonga Baka, Grady Diangana, Simon Banza et autres sont tous devenus des héros de tout un peuple.
Un peuple congolais meurtri qui, par ce succès des Léopards, a trouvé un motif de fierté et une raison d’espérer. Les Léopards ont fédéré tous les Congolais le temps d’une compétition dans un pays en proie à des guerres, massacres de ses populations et tribalisme.
Mention spéciale à la diaspora congolaise et aux Combattants
Si nous parlons aujourd’hui de la sélection nationale congolaise de football, “les Léopards”, une sélection composée des joueurs nés et grandis à l’extérieur du pays. Ils ont été formés à l’étranger pour la quasi-majorité. C’est grâce au travail abattu par les congolais expatriés qui ont mis leurs enfants dans de meilleures académies de football en France, Belgique, Suisse, Portugal, Allemagne, Espagne etc.
Les parents se sont sacrifiés pour que leurs enfants soient des joueurs professionnels pour mieux gagner leur vie. En observant leurs âges, on remarque que cette sélection est encore très jeune. La moyenne d’âge varie entre 22 à 27 ans mis à part 3 joueurs trentenaires pour apporter de l’expérience. Cela veut dire que ces joueurs avaient entre 8 à 13 ans quand les combattants interdirent les concerts en Europe.
Un embargo de plus de 15 ans à ce jour et curieusement, c’est pendant cette période que l’on a tous observé un certain sérieux et progrès scolaire dans la communauté congolaise chez les enfants nés en Europe. Pendant les années des concerts en Europe, les couples mariés se disloquaient, les jeunes congolais couraient derrière les musiciens, les filles se faisaient engrosser.
D’autres jeunes cassaient les boutiques de mode pour habiller les musiciens venus du pays. Certains plongèrent dans la délinquance juvénile. Les enfants congolais seront plus nombreux dans des prisons que dans les amphithéâtres universitaires. Aujourd’hui, 15 après, la tendance s’est inversée. Les enfants de la diaspora congolaise sont aujourd’hui diplômés universitaires et cadres professionnels.
Sans oublier les stars de musique en Occident (Ninho, Dadju etc.). C’est en partie le résultat de l’interdiction des concerts en Europe par les combattants. Les joueurs des Léopards de la RDC sont les produits de cet embargo. Ayant attrapé tôt le virus du patriotisme à partir de leurs parents, alors que beaucoup n’ont jamais été au Congo depuis qu’Ils sont nés.
Ce sont nos enfants nés en Europe qui sont allés au secours de la RDC, un pays dans lequel tout est au point mort et la jeunesse abandonnée. Un pays qui, pendant 30 ans, n’est que synonyme des viols, insécurité, massacres, détournements etc. Mais aujourd’hui, si l’on parle de la victoire des Léopards, c’est aussi grâce aux congolais de la diaspora.
Une équipe nationale veut dire une sélection composée de meilleurs joueurs du pays évoluant dans les différents championnats nationaux. Qu’en est-il alors du championnat national congolais ? Inexistant et au rabais. Un échec total de la part des autorités congolaises, incapables d’organiser un championnat national pourvoyeur des talents locaux.
Et si le règlement de la Fifa ne favorisait pas la politique de recrutement des binationaux ? Qui allait jouer pour la RDC en l’absence des joueurs au niveau du pays ? Aucun joueur de TP Mazembe, mis à part un seul, le 3ème gardien de réserve Baggio Siadi, aucun joueur de Vita-Club, d’Imana ni Sanga balende les clubs phares du pays dans cette sélection.
En 1974 en Égypte et en Allemagne au Mondial, les Léopards vainqueurs de la coupe d’Afrique des nations comptaient combien de joueurs binationaux ? Le football congolais est mort. Les autorités congolaises toute honte bue veulent s’accaparer du succès de nos enfants pour leurs intérêts égoïstes. Elles veulent récolter là où elles n’ont pas semé. La honte !
Il y a de cela 30 ans passés, elles ont construit combien de stades et infrastructures sportives ? La diaspora congolaise et les combattants, félicitations ! C’est grâce à vous que l’on peut aujourd’hui parler positivement de la RDC. Grâce à la fibre patriotique transmise à vos enfants, qui sont aujourd’hui des Léopards victorieux qui font la fierté de tout un peuple.
Et si la prophétie de Simon Kimbangu qui avait dit : “Les enfants de la promesse partiront pour d’autres cieux et apprendront des langues étrangères. Et ce seront eux qui reviendront pour sauver et libérer le Congo” s’accomplissait déjà avec les Léopards ? Ne dit-on pas qu’une marche de mille kilomètres commence toujours par un premier pas ? Vive la diaspora congolaise, vive les Combattants et vive les Léopards !
Dary Abega / Lobjectif.net













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