Le Haut-Uélé se meurt avec le Gouverneur Jean Bakomito Gambu, cet homme, dont le nom résonne dans les couloirs du pouvoir comme une promesse non tenue. Le temps de vérité est enfin arrivé, mais pour qui ? Pour lui, ou pour ceux qui ont cru en ses paroles creuses ? La réalité est implacable : le respect de la parole donnée par Bakomito n’est pas sacré.
Il est tout juste un vestige d’une époque révolue où les politiciens pensaient encore que tenir leurs promesses était une vertu. Dans le territoire de Watsa, les notables auraient bruyamment dit non aux choix des deux députés désireux de devenir ministres provinciaux. Honorable Ombeni et Honorable Bismik, des hommes venus de contrées lointaines, se sont vus opposer une fin de non-recevoir.
Honorable Ombeni, originaire du Nord-Kivu, et Honorable Bismik, de la Tshopo, ne seraient pas issus du Haut-Uélé, mais qu’importe ! Pour Jean Bakomito Gambu, la légitimité et le respect de la représentativité territoriale semblent avoir peu d’importance. Ce qui compte, c’est le pouvoir, les alliances, et bien sûr, l’art de naviguer dans les eaux troubles de la politique locale.
Le blocage actuel du gouvernement Bakomito illustre parfaitement cette cacophonie ambiante. Les promesses de gouvernance inclusive se heurtent à la réalité des intérêts particuliers et des ambitions démesurées. Le Regroupement politique A24, jadis fervent supporter du Gouverneur, se retrouve aujourd’hui à l’écart, comme un enfant puni.
Parce qu’il aurait osé croire en un accord qui, manifestement, n’était qu’un mirage. Et que dire de cette réunion à venir que ces trois députés provinciaux ayant participé activement au complot contre le Haut-Uélé s’apprêteraient à faire ? Une déclaration politique qui se veut salvatrice, mais qui ne sera, à n’en pas douter, qu’un agglomérat de paroles vides, destinées à apaiser des tensions qui ne font que croître.
Les dirigeants de l’A24 semblent découvrir, avec une naïveté touchante, que la politique est un sport de combat, et que les promesses du Gouverneur Jean Bakomito Gambu qu’ils ont réussi à porter à la tête de la province en usant des pratiques condamnables ne sont rien d’autre que des mots flottants dans l’air, prêts à être emportés par le moindre souffle de vent.
Les rumeurs d’une interférence de l’Agence Nationale des Renseignements, interdisant l’inclusion de la famille politique de Fifi Masuka dans le gouvernement, ne font que renforcer la perception d’un pouvoir capricieux, qui tire les ficelles dans l’ombre. Loin d’instaurer un climat de confiance, Jean Bakomito Gambu semble avoir opté pour la division.
Comme si la stratégie du diviser pour mieux régner était la seule voie pour asseoir son autorité. Les conséquences de cette gestion chaotique se profilent à l’horizon, et il est à craindre que le Haut-Uélé, ce patrimoine commun, ne soit sacrifié sur l’autel des ambitions individuelles. Les analystes politiques, dans leur sagesse inflexible, préviennent déjà.
Le mauvais décollage qui se prépare pourrait avoir des répercussions désastreuses. Mais qui écoute encore ces voix de la raison lorsque le tumulte du pouvoir et des ambitions personnelles couvre tout ? Le temps de vérité pour Jean Bakomito est arrivé, et il est plus que jamais temps de se rendre compte que sa parole donnée n’est qu’un leurre, une illusion dans un jeu de dupes.
Alors que l’avenir politique du Haut-Uélé se dessine sous un ciel orageux, une question reste en suspens : les dirigeants sauront-ils enfin prendre conscience des erreurs qui s’accumulent, ou continueront-ils à avancer la tête dans le sable, convaincus que la tempête ne les atteindra pas ? Les paris sont ouverts, mais le cynisme ambiant laisse peu de place à l’optimisme.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













