Le trafic fluvial avec les bateaux Onatra/Otraco ces années-là

Tuuuuuuuuuuu…. tuuuuuuu…….tuuuuuuu !!! Les trois coups de l’avertisseur sonore et les amarres larguées.

C’était le grand voyage pour l’intérieur du pays avec comme destination finale Kisangani dans la province Orientale via Bolobo, Mobeka, Lokolela, Makanza, Lisala, Bumba, Lokutu, Yamumba, l’autre bout du monde. Colonels Kokolo, Ebeya, Tshatshi, Mudimbi, des bateaux imposants, fleurons de l’Onatra ex-Otraco qui desservaient la capitale et les autres villes du pays sur voie fluviale avec une régularité de métronome.

Le voyage vers Kisangani s’effectuait pendant 2 à 3 semaines maximales, des bateaux équipés de puissants moteurs pour pouvoir remonter le monstrueux fleuve-Congo au puissant courant. Des bateaux bondés qui avaient à leur bord toutes les catégories de passagers, hormis les personnels navigants et les équipages de ces bateaux-courriers de l’Onatra.

Commerçants, voyageurs, fonctionnaires, soldats en mutation, étudiants en vacances, vendeurs à la sauvette prendront d’assaut ces bateaux qui furent de véritables villes flottantes, des traits d’union entre la capitale Kinshasa et quelques provinces du pays. C’était une aubaine pour les riverains en vue de se procurer puis d’écouler leurs marchandises, d’habitude les poissons frais ou fumés, les gibiers, ananas etc.

En retour, ils vont acheter les produits manufacturés savons, huile, allumettes, pétrole, moustiquaires, filets de pêche, hameçons, ralingues, seaux ,cahiers, bics, lampes-tempêtes, torches, batteries ,voire munitions de chasse etc. Bref, tout ce que l’on pouvait trouver ou pas au marché-central et clandestin de Kinshasa. On en trouvait toujours à bord du bateau qui favorisait alors ces échanges commerciaux. Même nos frères de l’autre côté du fleuve Congo profitaient de l’occasion. Les riverains organisaient leurs vies autour du passage de ces bateaux de l’Onatra.

Ils savaient quand est-ce qu’un bateau passera devant leur village en amont comme aussi en aval. Les bars à bord ne cesseront de déverser des tonnes de décibels sur les passagers et sur les contrées environnantes parcourues par ces bateaux. Les nouveautés qui faisaient rage dans la capitale des orchestres : Zaïko Langa-Langa, Empire Bakuba, Victoiria Eleison, Ok Jazz, Afrisa, Viva la Musica etc. La bière coulera à flot surtout pour les pêcheurs qui venaient d’écouler leurs produits.

Pirogues solidement attachées au bateau, le temps de se soûler la gueule et de vivre l’ambiance dans les bars de Kinshasa par procuration avant de les( pirogues )détacher plus loin et d’aller à la dérive sans effort de pagayer jusqu’au village. Le voyage en bateau était aussi l’occasion pour nouer les relations amoureuses entre les voyageurs, les fameuses idylles le temps du voyage. Et petit à petit, le bateau bondé au départ de Kinshasa, va commencer à se vider de ses passagers à chaque escale comme un plat de riz.

Et après un très long voyage, le bateau-courrier va finalement accoster à Kisangani « Boyoma Singa muambe, Malekesa, Tolimo » ex-Stan comme Stanleyville. Entre-temps dans un chronométrage bien rodé et synchronisé, le bateau-courrier croisé sur le fleuve-Congo dans le sens contraire arriverait aussi à Kinshasa. En respectant un timing préétabli par une vitesse-horaire.

Après le déchargement et le chargement du bateau par des experts en manutention et cabotage qui dureront quelques semaines, le bateau va alors commencer son voyage vers Kinshasa en aval. Avec passagers et marchandises : Haricots, oignons, poissons salés et congelés, engins mécaniques, bétails pour nourrir la capitale. Tuuuuuu……tuuuuuu….tuuuuu !!!! Destination Kinshasa à 1734 km quel que soit le bateau-courrier ou ITB : les Colonels: Tshatshi , Ebeya, Kokolo, Mudimbi etc.

Abega Dary / Lobjectif.net

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