Bouées de couleur “rouge-blanc”, “vert-noir-blanc”, “jaune-blanc” phosphorescentes. Des triangles montés sur les échafaudages avec numéros en grands caractères loin sur la terre ferme etc. Des symboles incompris pour les non-initiés sauf pour les équipages de bateaux-courriers et cargos pour aider les capitaines de bateaux de naviguer jours et nuits sans incidents et avec fluidité.
Les phares du bateau rechercheront en permanence ces balises pendant toute la nuit pour mieux s’orienter dans une obscurité tropicale comme l’encre de Chine. À une époque où la RD Congo était encore un état très bien gouverné, le fleuve Congo et certaines rivières furent de véritables autoroutes et colonnes vertébrales qui reliaient la capitale Kinshasa aux provinces riveraines du pays.
La régie de voies fluviales RVF en sigle fut chargée de la tâche à travers ses bateaux-ateliers munis d’une grue appelés “Kauka” pour la régulation et le balisage de la voie fluviale à partir de Kinshasa jusqu’à plus loin à Kisangani avec plus de 1700 kilomètres de voie navigable. Un travail indispensable. C’était une routine pendant le changement des saisons de voir un bateau-atelier déplacer ou renforcer les balises en pleine journée.
Et surtout pendant la saison-sèche pour éviter aux bateaux de s’ensabler ou d’échouer sur les récifs et rochers. Un travail scientifique et très capital économiquement. Time is money d’après les anglophones. Aujourd’hui avec la déliquescence totale de l’économie du pays et la faillite de la société de transport fluvial, je parie encore à l’existence de ces bateaux-ateliers autrement dit “Kauka”.
NB : Les balises de la RVF ne servaient pas seulement aux bateaux congolais de la RDC, loin s’en faut. Mais aussi à ceux de Congo-Brazzaville et de la République Centrafricaine dans une sorte de convention internationale. Autre temps, autres moeurs.
Dary Abega / Lobjectif.net













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