Depuis des décennies, la question de la gestion de l’eau en RD Congo suscite des débats passionnés. La RD Congo ne pourra plus rester longtemps inconsciente face à la guerre de l’eau potable qui se profile. Au-delà des problèmes majeurs que la nation congolaise affronte courageusement, le plus grave et meurtrier sera la perte du contrôle de la gestion de l’eau potable.
Alors que la REGIDESO, société nationale en charge de la distribution de l’eau, peine à dégager des marges de manœuvre, des entreprises étrangères principalement libanaises, indiennes, pakistanaises et autres se sont implantées dans le pays, exploitant les ressources en eau congolaises qu’elles ont forées à Kinshasa et ailleurs pour embouteiller et vendre de l’eau aux Congolais sur leur propre sol.
Cette situation soulève des interrogations légitimes quant à la souveraineté nationale et à la durabilité de l’approvisionnement en eau pour la population congolaise. Il est grand temps de se questionner sur la pertinence de laisser des acteurs étrangers contrôler un bien aussi vital que l’eau, au détriment de la société nationale REGIDESO au moment où le pays a besoin des nouvelles recettes pour son budget national.
La proposition de nationaliser toutes les entreprises œuvrant dans le secteur de l’eau en RDC, en donnant un monopole à la REGIDESO, pourrait être une solution radicale mais nécessaire pour assurer une gestion plus équitable et durable des ressources en eau du pays. C’est un secteur qui marche, qui n’est pas difficile à développer et qui pourrait facilement s’exporter.
En confiant la distribution de l’eau à une entité publique, il serait possible de mieux contrôler la qualité de l’eau, de lutter contre l’utilisation massive de plastiques grâce à la création d’une bouteille d’eau REGIDESO et de garantir un accès équitable à l’eau potable pour tous les Congolais. La RD Congo ne rééquilibrera pas sa balance commerciale si elle offre tout son potentiel aux étrangers.
Cette proposition pourrait être le premier pas vers une politique plus responsable et respectueuse de l’environnement, tout en contribuant à renforcer la souveraineté nationale sur une ressource aussi vitale que l’eau. Il est temps d’agir pour garantir un avenir durable pour les générations futures. Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













