L’Église catholique de RDC réaffirme l’irréversibilité de la gratuité de l’enseignement de base « conforme à la Doctrine Sociale de l’Église qui prône l’option préférentielle pour les pauvres ». C’est qu’il faut retenir du point de presse tenu, le 13 janvier, par le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), le père Donatien Nshole, et le coordinateur national des écoles conventionnées catholiques, le père Noël Ntungu.
Jonathan Kambi : les enseignants et les élèves, c’est pour le Gouvernement. Mais l’église catholique est fière de ses bâtiments. Oui, on cite l’église catholique pour rien alors que l’église catholique en question n’a rien à foutre avec la prétendue gratuité. Non, c’est votre Gouvernement qui est incompétent. Vous allez dire que même la grève des infirmiers et les médecins, c’est toujours l’église catholique qui incite le personnel médical à persister dans la grève ?
Davina Kabika : l’église peut avoir raison ou tort. D’où, il faut mettre les intérêts de côté pour servir le peuple.
Jonathan Tshisuaka : en partie oui, parce que certains prêtres et évêques bénéficiaient des minerval exorbitants que les parents payaient. L’autre partie est que l’église catholique n’est pas composée que des prêtres et évêques. Les autres membres qui ne bénéficiaient pas du payement de minerval sont d’accord avec la gratuité.
Trésor Mbuyi : l’église catholique est contre la gratuité de l’église. Puisque premièrement, il est contre le pouvoir en place. Deuxièmement, puisqu’il veut prendre la gestion de la CENI mais il oublie que la RDC est un État laïc. C’est comme si c’est la seule église. Cette église veut aussi avoir la mainmise sur toutes les églises.
Alfred Kipang : je pense que tous ses prêtres devraient laisser de nous prêcher que de se cacher derrière la Bible. Ils sont des politiciens et non les religieux tels que vous et moi croyons. Imagine qu’à cause d’un seul individu, toute la république a perdu espoir. Et cette personne peut-elle être chrétien? La politique ne se mélange pas avec la parole de Dieu.
Fabien Kabamba : elle n’est pas pour ça puisque c’est à sa défaveur économiquement.
Henry Hénoch : combattre, à cause de leurs divergences politiques.
Justin Mukaya : bien, en rapport avec ça, je dirai plutôt que l’église catholique est une entité et à l’intérieur d’elle, il y a un personnel. Ainsi, ce personnel-là s’assurant de l’enseignement a besoin de vivre car ce sont des pères et des mères de famille. De ce fait, ils ont aussi besoin d’un salaire suffisamment adéquat en rapport avec leurs envies, c’est ça la raison de tout ceci, car je ne vois pas les gens là être satisfaits aux conditions proposées et continuer à grever. Le problème plutôt n’est pas l’église catholique mais c’est le gouvernement et l’institution Président de la République qui n’ont eu le temps de mieux examiner et armer leur projet avant de le lancer. Ainsi, ils l’ont fait juste pour s’attirer la popularité. Mais encore, le problème, c’est eux car ils ont trop axé leur politique dépendant de l’aide extérieure, c’est pour cela jusque-là, plusieurs millions ont été dépensés dans ce sens pour les voyages du président. Et pourtant, cet argent pouvait être ajouté à ces enseignants qui veulent aussi vivre dans de bonnes conditions. Mais dans l’entretemps, les millions qui soi-disant entrent, on ne voit pas leur utilité car jusqu’aujourd’hui, rien n’a été fait dans un sens ni dans l’autre. Un professeur d’université qui percevait 2000$ dans l’ancien régime, aujourd’hui il ne touche que 1000$. Hormis ça, les médecins et tous ceux qui travaillent dans les entités reliées au Gouvernement ont subi une réduction. Les militaires étaient payés chaque le 23 au plus, aujourd’hui c’est le 31 voire même le 11 du prochain mois. En plus de tous ces maux et d’autres que je n’ai pas cité, il faut y ajouter RAM qui est une première. À l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir, on était tous contents qu’un changement puisse s’opérer mais chose grave aujourd’hui, au lieu qu’il y ait changement, les choses se sont encore empirées. Les enseignants doivent réclamer, c’est dans leur droit, ils sont congolais et méritent une bonne vie, pas seulement Félix Tshisekedi, Sama Lukonde et les autres mais eux aussi.
Davina Atungu : c’est en rapport avec le tout, je trouve qu’il est important que nos dirigeants changent leur politique et qu’ils comprennent que les problèmes des congolais, il y a que les congolais qui peuvent mieux les déceler et les résoudre. Ainsi, dans ce sens, je trouve la politique que prônait Kabila est bonne et celle que prône Kagame, ce sont des dirigeants qui ont compris qu’il fallait rester à l’intérieur et se concentrer sur nos maux en mobilisant les ressources créées par nos propres efforts. Ainsi, ça va faciliter une évolution rapide mais aussi, ça nous évitera des dettes. La politique étant un monde des intérêts, donc chaque fois qu’on a une aide extérieure arrive, ça entraîne aussi un retour bénéfique qu’on doit au donneur. Le Congo a tellement des ressources, si on gérait nos ressources, on peut générer des fonds, mais aussi, créer un système de financement rapide. Ces fonds financeront une partie selon les priorités à l’instar de l’éducation, la santé, la vie sociale, l’armée, les routes…je trouve que ça peut aller. Par contre, les dirigeants congolais s’appuient trop sur l’Occident. D’où de multiples voyages du Président pour aller mendier chez les blancs. On se réjouit de 4 millions de réserves d’échanges, entre temps, on oublie que cet argent vient du FMI et cet argent n’est qu’un couteau à double tranchant. Les experts comptables nous ont dit que cet argent pouvait avoir des répercussions sur le taux, ce qui est faux jusqu’à ce jour. Avec Kabila, nous avons vécu de 2006 à 2018 sans aide ni de la Banque mondiale ni du FMI mais nous avons vécu avec une monnaie stable en terme d’échanges. Le salaire d’un professeur a quitté de 70$ à 2000$ et celui d’un militaire de 10$ à 130$ et celui d’un avocat de 70$ à 700$. Et cela sans l’aide des blancs, on a vécu, et donc c’était toujours possible de continuer à vivre sans leurs aides.
Pierre Kabongu : pas nécessairement, il faut revoir le nœud du problème. On ne peut pas directement conclure que c’est elle qui est à la base.
Propos recueillis par Clarisse Mfuamba













0 Comments