Les enfants ne savent pas mentir et ne disent que la vérité, rien que la vérité. Mais combien peuvent-ils se taire ? C’est -ce que nous allons voir.
Les années de l’après l’indépendance du Congo-Belge, aujourd’hui la République démocratique du Congo, furent les années troubles. Le pays nouvellement souverain baignait dans l’instabilité. Ce furent des années de braise pour le peuple. La mort du Premier ministre Patrice Emery Lumumba fut mal vécue par la majorité de Congolais.
Ses partisans comme Pierre Mulele, Gaston Soumialot, Antoine Gizenga, Christophe Gbenye et autres se rebelleront d’ailleurs contre le gouvernement central de Joseph Kasavubu, le tout premier président de la République Démocratique du Congo. Mobutu bombardé colonel puis chef d’État-major de l’armée nationale l’ANC par le défunt Lumumba, assassiné le 17 janvier 1961, ne faisait pas l’unanimité au sein de l’armée nationale.
Beaucoup de militaires jurèrent de lui faire la peau dès la première occasion à cause de sa félonie et de sa trahison. L’occasion se présentera lors de sa visite du travail à Coquilhatville aujourd’hui Mbandaka. Traqué par les militaires vindicatifs, il leur sema pour aller se réfugier dans le gouvernorat ni vu ni connu non loin de la clinique de Mbandaka.

Apparemment, il connaissait l’endroit vu qu’il avait ses habitudes dans le gouvernorat en compagnie de certains politiciens congolais comme les Engulu, Bolikango etc. Personne ne l’avait vu s’y réfugier. Sauf un petit garçon de 5 à 6 ans qui avait reconnu vite le fugitif pour l’avoir vu plusieurs fois à domicile converser avec son père, un haut cadre de l’État et du gouvernorat.
Quelques minutes seulement après, un groupe de militaires armés jusqu’aux dents de l’armée nationale à ses trousses viendra investir l’endroit. Sans rien demander à l’enfant qui observait la scène d’un air innocent, l’air d’un petit enfant perdu. Ils chercheront le fugitif partout et en vain. Repartant bredouille, croyant avoir été sur une fausse piste et obligés d’aller fouiner et perquisitionner ailleurs.
Des heures après, Joseph Désiré Mobutu sortit de sa cachette pour aller se réfugier ailleurs.
Le jeune garçon gardera ce secret en lui jusqu’à l’âge adulte. Enfin, il me le confia. S’était- il trompé ? Non, il reconnaissait bel et bien le colonel Mobutu qu’il appelait “Lobonza” jusqu’à ce jour. Que se serait- il passé si le petit garçon avait dénoncé Lobonza ?
Seul Dieu sait. Heureusement, les militaires ne lui avaient posé aucune question. Et jusqu’à ce jour, il est resté un homme discret et très réservé. Nos caractères sont parfois façonnés depuis nos tendres enfances. L’histoire de la République démocratique du Congo devrait aussi s’écrire avec le nom de ce petit garçon des années 60, aujourd’hui un grand homme, vivant en France. Son nom: Mokemo Aimé.
Moralité : Dans la vie il faut parfois savoir se taire. Et surtout, si l’on ne vous a rien demandé !
Dary Abega / Lobjectif.net













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