Dans la gouvernance provinciale, l’entourage d’un dirigeant peut être un accélérateur de progrès… ou un frein brutal au développement. Dans le cas du Gouverneur Jean Bakomito Gambu, c’est malheureusement la seconde option qui prévaut. Autour de lui gravite une triade nocive : les fidèles jouisseurs, les opportunistes territorialistes et les zélateurs réseaux sociaux fantômes.
Ce trio dysfonctionnel explique en grande partie l’immobilisme, les gaspillages et les promesses non tenues qui plombent le Haut-Uélé. Les fidèles jouisseurs se retrouvent dans le cercle d’amis inutiles du Gouverneur. Jean Bakomito Gambu s’est entouré d’une poignée de compagnons de longue date, plus préoccupés par leurs privilèges que par l’intérêt provincial et connus pour leur goût immodéré de luxure.
Ces “fidèles parmi les fidèles” forment un noyau dur qui monopolise l’accès au Gouverneur. Leur profil type est connu. Ce sont les anciens camarades de promotion, hommes d’affaires douteux, ou figures locales sans compétence administrative avérée. Leur modus operandi est simple. Des détournements subtils via des marchés publics opaques, nominations fantaisistes de proches et dépenses non justifiées.
Mais aussi des voyages inutiles facturés à la province avec comme impact un blocage des réformes, népotisme éhonté, et paralysie des services techniques (santé, éducation, infrastructures) par manque de vision. Plusieurs sources internes nous ont rapporté que des fonds destinés à la réhabilitation des routes (Isiro-Bunduki, Wamba-Poko) ont été redirigés vers des sociétés écrans liées à ce cercle.
L’alliance de Gombe des oncles de Wamba et les alliés floués de Faraje ont créé les opportunistes “Wamba d’abord”. C’est la deuxième catégorie autour du Gouverneur Jean Bakomito. Elle est composée de partisans qui n’ont soutenu “Goliath” que pour garder le pouvoir dans le territoire de Wamba dont est issu l’ancien gouverneur Christophe Baseane Nangaa, frère biologique du chef rebelle Corneille Nangaa.
Leur seul objectif était d’empêcher un rival d’une autre zone (comme Rungu, Dungu, Watsa ou Niangara) de prendre le gouvernorat. Le profil type de ces gens, ce sont des élus locaux, chefs coutumiers instrumentalisés, et cadres administratifs militant pour une domination ethnico-territoriale. Leur modus operandi est le sabotage discret des initiatives venant d’autres territoires, nominations biaisées.
Mais aussi un discours victimisant (“On nous spolie”) avec comme impact la division des forces provinciales, projets inéquitables (70% des investissements concentrés autour de Wamba), et ressentiment croissant dans le reste du Haut-Uélé. Ils parlent d’unité, mais en réunion, leur première question est toujours : “Est-ce que ce projet avantage Wamba ?
Enfin, il y a les zélateurs des réseaux sociaux. C’est l’armée virtuelle des fans qui sont pour la quasi-totalité non payés voire inconnus du premier cercle. C’est la dernière couche de ce système délétère. Ce sont des pseudo-communicants qui inondent Facebook et WhatsApp de propagande pro-Bakomito, souvent sans mandat officiel ni salaire. Ils menacent, vitupèrent, éructent, vocifèrent à tout va.
Ils promettent de faire arrêter quiconque critique “Mwana Nzambe” ou s’oppose à son inefficacité. Leur profil type est connu. Ce sont des jeunes désœuvrés en quête de reconnaissance, des transhumants politiques qui servent tous les exécutifs de feu Lola Kisanga d’heureuse mémoire à Baseane Nangaa, des activistes prêts à diffamer les critiques, et agents dormant dans l’attente d’une hypothétique récompense.
Leur modus operandi est connu. Des Campagnes de désinformation (“Tout va bien”), attaques ad hominem contre les opposants, et fabrication de faux succès (“Le Gouverneur a construit 10 écoles”… alors qu’aucune n’est fonctionnelle). L’impact sur la société est la désinformation massive, étouffement des voix critiques, et illusion d’une popularité qui n’existe pas sur le terrain. La réalité est pourtant amère.
Certains de ces “cybermilitants” avouent en off ne pas avoir été payés depuis plus d’un an, mais continuent par peur de représailles ou par espoir d’un poste. C’est ce cocktail explosif qui scelle ce mandat qui porte l’échec en bandoulière. La politique est une affaire de politesse. Dans le Haut-Uélé, on ne discute plus, les zélateurs du Gouverneur insultent. Toute faute dans ce domaine est un crime.
Jean Bakomito Gambu n’est peut-être pas seul responsable du marasme du Haut-Uélé, mais son entourage agit comme un poison lent. Entre amis prédateurs, régionalistes myopes et mercenaires du clavier, la province est pillée en silence. Pire encore, ce système verrouillé vise déjà 2028, avec pour seule ambition de maintenir la clique au pouvoir, quitte à enterrer définitivement le développement du Haut-Uélé.
La question reste : les forces vives de la province (jeunes, société civile, opposants constructifs) laisseront-elles faire ? Le pouvoir, c’est le soleil après la pluie ; l’incompétence doublée de la lascivité, c’est l’orage après le soleil. Un leader est aussi grand que la qualité de ceux qui l’entourent. Dans le cas de Jean Bakomito Gambu, l’adage sonne comme une condamnation.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













