La terreur orchestrée par les forces rwandaises à travers diverses organisations sous différents noms tels que l’AFDL, RDF, RCD, CNDP, M23 et AFL, continue de semer le chaos dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Longtemps ignorés, il se révèle un stratagème savamment élaboré et exécuté avec une froideur stupéfiante.
Les assassinats ciblés des chefs coutumiers, devenus méthodiques depuis 1996, révèlent une stratégie insidieuse visant non seulement à (décapiter) la résistance locale, mais aussi à redessiner les fondements culturels et sociaux de la région. Le récent assassinat brutal de Monsieur Fikiri Mwishuko, chef du groupement Matanda en chefferie des Bahunde, représente une escalade dans cette campagne silencieuse de déstabilisation.
Arraché de son lit d’hôpital à CBCA Ndohso où il était soigné, le Chef Fikiri Mwishuko a été emmené par des membres de RDF/M23, fouetté à mort, un acte barbare qui symbolise les tentatives de ces forces d’effacer les structures traditionnelles de résistance et d’autorité dans l’Est du Congo. Depuis le début de cette vague de violence, de nombreux chefs coutumiers ont été ciblés par ces forces terroristes.
Ces assassinats ne sont pas seulement une question de contrôle territorial, mais aussi une stratégie de repeuplement par les populations rwandaises. Cette opération commence par la falsification de l’histoire à travers le vol systématique des archives. Un acte qui a commencé dès mai 1997 à Kinshasa, où Moïse Nyarugabo a orchestré le transfert des documents historiques zaïrois vers le Rwanda.
Ces forces terroristes du RDF/M23 ont systématiquement piloté l’extraction de chefs coutumiers locaux pour détruire les mécanismes ancestraux de gouvernance. En éliminant ces figures, ils espèrent effacer les preuves vivantes de l’héritage culturel congolais et ainsi faciliter l’usurpation des terres et de l’identité. Les archives volées, quant à elles, servent à altérer la vérité historique, renforçant ainsi les revendications territoriales illégitimes.
Les assassinats des leaders traditionnels doivent être interprétés comme une alerte mondiale : un génocide culturel se déroule sous nos yeux. Des voix s’élèvent pour dénoncer ce nombre croissant de tragédies silencieuses qui demeurent en marge des préoccupations internationales. Ces assassinats ne visent pas seulement la soumission d’une population, mais la totale refonte de son héritage.
Il est impératif pour la communauté internationale de reconnaître l’urgence et la gravité de ces actions. Des solutions politiques concrètes et un soutien fort à la RDC dans la préservation de ses archives et de son patrimoine sont essentiels pour contrer l’annihilation culturelle et démographique en cours. L’Est de la RDC là où le sang coule en rivière et les Congolais deviennent des ruisseaux ambulants.
Alors que la RDC continue de subir des agressions à répétition, les espoirs se tournent vers les efforts des résistants congolais qui luttent pour retrouver leurs droits et sauvegarder l’avenir de leur nation. Le courage et la mémoire de figures comme Fikiri Mwishuko doivent rester gravés dans les mémoires comme des symboles de lutte et de résilience contre toutes les formes d’oppression et de réécriture de l’histoire.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













