Dans une série de transactions controversées, les autorités congolaises semblent livrer en pièces détachées les piliers économiques du pays à des investisseurs étrangers, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir de la souveraineté économique du pays. La connaissance est la clé du pouvoir, de la sagesse. L’ignorance et l’inconscience ont parfois des audaces que nul n’a pas le pouvoir de réprimer.
Du monopole du diamant accordé aux Libanais à la gestion des supermarchés par les Pakistanais, en passant par les hôpitaux aux Indiens, les mines aux Chinois, les infrastructures dont le centre financier, l’arena, l’aéroport de N’djili et même le nettoyage de Kinshasa confiés à Milvest donc aux Turcs, ces accords soulèvent des questions sur la véritable intention des autorités.
Au-delà de la simple ouverture aux investisseurs étrangers, ces arrangements semblent manquer cruellement de vision politique, de stratégie de transfert de technologie et de formation d’une main-d’œuvre locale qualifiée. Les dirigeants congolais, dans leur hâte de conclure ces accords, semblent compromettre l’avenir même de leur pays en sacrifiant son autonomie économique sur l’autel d’une prétendue amitié avec des puissances étrangères.
Il est impératif que les autorités congolaises réévaluent leur approche et replacent les intérêts de leur nation au premier plan. Plutôt que de livrer les richesses du pays à des mains étrangères sans stratégie à long terme, il est temps de promouvoir un développement économique durable, basé sur le renforcement des capacités locales, la formation de la main-d’œuvre congolaise et la promotion d’entreprises nationales prospères.
L’heure est venue pour les autorités congolaises de se demander si elles agissent en gardiennes responsables de l’économie nationale ou en traîtres qui bradent l’avenir de leur propre pays. Il est temps de placer l’intérêt du Congo et de son peuple au-dessus de tout autre considération. Abdiquer et ne pas monopoliser le pouvoir est la plus haute expression de la sagesse.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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