Ils changent de poste comme de chemise, gaspillent l’argent du peuple et sabotent l’avenir du pays. Qui arrêtera ce cirque ? Ils sont partout. Dans les ministères, les directions générales, les hauts commandements militaires, les ambassades. Ils n’obtiennent jamais aucun résultat nulle part et n’ont de ce fait aucune honte à exiger des promotions allant jusqu’à bouder en public.
Pourtant, ils occupent les plus hautes fonctions, empochent des salaires indécents, et vivent dans un luxe obscène tandis que le peuple crève de misère. Bienvenue dans le monde des “enfants gâtés de la République”, cette caste de privilégiés inamovibles qui font de l’État congolais leur jouet personnel. Le système congolais depuis plus de 30 ans est un jeu de chaises musicales pour élites irresponsables.
En RDC, l’incompétence est récompensée. Échec après échec, scandale après scandale, certains noms reviennent toujours. Ministre hier, directeur général aujourd’hui, ambassadeur demain. Peu importe qu’ils aient dilapidé des milliards, saboté des réformes ou laissé pourrir des services entiers. Celui-là a dirigé trois ministères sans jamais rien accomplir, mais on le retrouve à la tête d’une grande entreprise publique.
Celui-ci a détourné des fonds destinés aux écoles et aux hôpitaux, mais on le nomme conseiller spécial à la présidence. Cet autre, responsable d’une débâcle militaire, est promu général quatre étoiles. Leur seul talent ? Avoir des parrains, des réseaux, et une absence totale de scrupules. Pendant que ces “élites” se partagent le gâteau de la République, le citoyen lambda lutte pour survivre. Ils mangent, nous crevons.
Pas d’électricité – mais ils ont des générateurs à 50 000 $ pièce. Pas de routes – mais ils roulent en V8 blindés. Pas d’hôpitaux – mais ils se font soigner en Occident. Leur devise ? “Après nous, le déluge.” Pourquoi ces incapables restent-ils intouchables ? Parce qu’ils appartiennent à des clans, à des mafias, à des cercles du pouvoir. Ils ont une armée de l’ombre : des parrains extrêmement puissants qui les protègent.
Certains sont des parents – on ne licencie pas un cousin, un neveu ou un filleul. D’autres sont des obligés – ils ont des dossiers compromettants ou paient des redevances. D’autres encore sont là pour faire nombre – des pots-de-vin vivants qui légitiment un système pourri. Résultat ? Une administration paralysée, une économie étouffée, un État en faillite morale. C’est la honte devant l’histoire.
Dans tout pays normal, ces “enfants gâtés” auraient été limogés, jugés, humiliés. Mais en RDC, plus tu es nul, plus tu montes. Ils parlent de “gouvernance” alors qu’ils n’ont jamais géré un kiosque à pain. Ils prêchent la “moralisation” alors qu’ils ont des comptes offshore et des villas en Europe. Ils promettent le “développement” alors qu’ils n’ont jamais rien construit. Leur héritage ? Un pays en ruine, une jeunesse désespérée, une nation humiliée.
Jusqu’à quand ce cirque ? Le peuple congolais mérite mieux que ces parasites en costard. Il est temps de nommer sur compétence, pas sur copinage, d’exiger des comptes pour chaque franc dépensé et virer sans pitié tous ceux qui n’ont pour seul mérite que d’être bien nés ou bien placés. Assez de l’impunité des incompétents ! La RDC ne se relèvera que lorsque les vrais talents remplaceront ces fainéants dorés.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













