Alors que le monde célèbre la Journée internationale de la paix ce 21 septembre 2025 sous le thème “Agissons pour un monde pacifique” , une réalité crève les yeux : la paix reste un vœu pieux pour des millions de Congolais, particulièrement les femmes de l’Est de la RDC, où le viol est érigé en arme de guerre depuis trois décennies.
Pendant que les discours onusiens résonnent dans les salons feutrés de New York, des mères congolaises, membres de la CPG, rappellent avec force que sans justice, la paix n’est qu’un leurre. Comme l’ont dénoncé les mamans de la CPG, le Rwanda et ses proxies (RDF/M23, AFC) utilisent systématiquement le viol pour détruire le tissu social congolais.
Cette stratégie, documentée par des ONG comme Human Rights Watch, vise à humilier, contrôler et exterminer les communautés. Alors que l’ONU appelle à “agir pour la paix” , elle reste muette sur la reconnaissance du génocide congolais, préférant des discours lénifiants plutôt que des sanctions ciblées contre Kigali.nLors de leur échange avec le Président Christian Mukendi, les mamans de la CPG ont insisté sur le rôle des femmes comme “ramparts contre la haine” et “berceuses de la réconciliation”.
Leur travail quotidien pour réinsérer les enfants soldats et soutenir les victimes est une leçon de courage face à l’inaction de certains politiques. Ce proverbe prend un sens tragique en RDC : si la jeunesse est égarée, c’est parce que les dirigeants ont démissionné en privatisant l’éducation, en tolérant la corruption et en instrumentalisant les conflits. Les femmes, elles, comblent ce vide par des initiatives locales souvent ignorées des médias.
Les Nations Unies promeuvent une paix “désarmée et désarmante” , mais restent paralysées par les jeux géopolitiques. La Commission de consolidation de la paix, qui fête ses 20 ans en 2025 , n’a pas empêché la mort de 4 200 Casques bleus ni la poursuite des massacres en RDC. Le thème de 2024 sur “l’IA et la paix” semblait surréaliste quand des villages congolais sont pilonnés par des drones et que les victimes n’ont même pas accès à l’électricité.

Pendant que le monde célèbre la paix, les FARDC résistent contre le RDF/M23 à Mukwengwa et Peti, et les terroristes répondent par des représailles contre les civils. Le processus de paix de Doha piétine, preuve que sans vérité, point de paix. Greenpeace rappelle que “sans paix, l’environnement ne peut être préservé”, mais qui dénonce le lien entre l’exploitation minière illégale, les conflits et les violences sexuelles en RDC ?
Les femmes congolaises rejettent une paix “désarmante” qui désarmerait les victimes face à leurs bourreaux. Elles exigent une paix justicière, avec des tribunaux spéciaux, la reconnaissance des génocides et la restitution des ressources volées. Contrairement aux politiques qui ont failli en privatisant l’école et en alimentant les divisions, les femmes investissent dans l’éducation informelle pour déradicaliser la jeunesse et reconstruire le lien social.
L’ONU doit passer des discours aux actes : sanctionner le Rwanda, soutenir la justice transitionnelle en RDC, et intégrer les femmes dans tous les processus de paix, comme le recommande l’UNESCO. La CPGRDC propose un modèle où les mères deviennent ambassadrices de paix dans leurs communautés, combinant justice traditionnelle et moderne pour ramener “les cœurs égarés vers la Mère-Patrie”.
En cette Journée internationale de la paix, le monde gagnerait à écouter les femmes de l’Est de la RDC. Leur message est clair : la paix sans justice est une insulte aux victimes. Alors que le Pape Léon XIV appelle à une paix “désarmée et désarmante” , les Congolaises rappellent que pour désarmer les bourreaux, il faut d’abord armer la justice.
“La paix véritable ne sonne pas dans les cloches de l’ONU, elle germe dans le courage des femmes qui pansent les plaies de la guerre.” — Christian Mukendi, CPGRDC.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













