L’administration publique congolaise, riche en potentiel, est entravée par un problème structurel majeur : la confusion des rôles entre les titulaires et les adjoints. Dans une danse complexe de pouvoir, les titulaires s’accaparent souvent toutes les attributions, reléguant les adjoints à un rôle de simple observateur à défaut d’être figurant.
Cette dynamique toxique crée des tensions omniprésentes entre les ministres et vice-ministres, les directeurs généraux et leurs adjoints, sapant ainsi l’efficacité des actions gouvernementales. Au cœur de ces conflits réside une lutte d’ego dévastatrice, où les titulaires cherchent à monopoliser le pouvoir et les mérites, reléguant les adjoints à des rôles marginaux, ignorés et infructueux.
Cette monopolisation des responsabilités crée un déséquilibre structurel, étouffant l’innovation, la collaboration et la productivité au sein de l’administration publique. Pour pallier à cette crise de leadership, il est impératif de redéfinir clairement les attributions et les responsabilités de chaque poste, en instaurant une culture de transparence et de collaboration.
Les titulaires doivent reconnaître l’importance des adjoints et leur accorder le respect et la reconnaissance qu’ils méritent. De même, les adjoints doivent saisir l’opportunité de jouer un rôle actif et significatif dans la prise de décisions et la mise en œuvre des politiques gouvernementales.
Seule une réforme profonde de la culture organisationnelle pourra permettre de résoudre ce conflit de pouvoir pernicieux au sein de l’administration publique congolaise. En favorisant une répartition équitable des responsabilités et en encourageant une collaboration authentique entre les titulaires et les adjoints, le gouvernement congolais pourra libérer tout le potentiel de son administration publique et œuvrer efficacement pour le bien-être de ses citoyens.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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