Du Banyamulenge au “Rwandophone”, c’est la chronique d’une déloyauté masquée par des échafaudeurs de la confusion ethnique et des faussaires de l’Histoire. Permettez-nous de commencer par une évidence : la langue n’est pas seulement un outil de communication, mais aussi une arme de manipulation massive. Elle est une arme à double tranchant. Elle peut libérer ou asservir, selon celui qui la manie.
Le parcours sémantique, du Banyamulenge au Banyarwanda puis du Tutsi congolais au Rwandophone, n’est pas une quête identitaire, mais une stratégie calculée pour échapper à l’histoire et à la responsabilité. La RDC vous a tout donné – terre, nationalité, protection – et vous lui rendez la monnaie de votre pièce : trahison, révisionnisme, et complicité avec l’agresseur rwandais.
Aujourd’hui, nous démontons vos inepties avec des exemples historiques irréfutables. Il faut mettre fin au mythe du “Rwandophone”. C’est une invention pour échapper à la Congolité. Votre glissement sémantique vers le terme Rwandophone est une tentative cynique de diluer votre origine rwandaise dans une prétendue “communauté linguistique”. Pourtant, l’histoire est claire.
Les Banyamulenge, établis au Sud-Kivu, ont toujours été distingués des Tutsi rwandais. Leur inclusion dans la catégorie Rwandophone sert à légitimer l’ingérence rwandaise sous couvert de “protection des minorités”. En 2004, Laurent Nkundabatware Mihigo, se présentant comme “protecteur des Tutsi congolais”, a pillé Bukavu au nom de cette identité fabriquée, tout en recevant soutien et armes du Rwanda.
Ses crimes ? Massacres de civils et viols – au nom d’une “appartenance” qui n’a jamais justifié la violence. La déloyauté des leaders de cette machination est institutionnalisée du Président Mobutu à l’Accord de Washington. Votre allégeance à Kinshasa n’a jamais été qu’un calcul opportuniste. Votre interprétation de l’Accord de paix RDC-Rwanda du 27 juin 2025 en est la preuve flagrante.
L’accord mentionne le désengagement des forces. Vous embrayez pour dire que cela ne signifie pas qu’il exige le retrait des troupes rwandaises. Un subterfuge pour permettre à Kigali de maintenir une présence militaire déguisée, comme en 2012 lorsque les terroristes du RDF/M23 occupaient Goma sous prétexte de “désengagement”. Vous exigez la neutralisation des FDLR mais ignorez les exactions innommables du RDF/M23.
Pire, vous vous cachez derrière la “coopération sécuritaire” avec le Rwanda prévue dans l’Accord de Washington, comme en 2009 sous Joseph Kabila qui s’est avéré être le joker de Paul Kagame dans l’occupation de la partie orientale de la RDC, lorsque les FARDC et l’armée rwandaise ont lancé des opérations conjointes qui ont servi à blanchir l’exploitation illégale des minerais par Kigali.
Votre rhétorique sur la “coopération économique” est un leurre. Le Rwanda, sans ressources minières significatives, dépend du coltan et de l’or congolais. En 2023, un rapport de l’ONU a documenté comment les minerais du Kivu transitent par le Rwanda pour être exportés comme “produits rwandais”. L’accord prévoit une “gestion conjointe” du lac Kivu.
Rappelez-vous 2021, lorsque Kigali a unilatéralement lancé l’extraction de méthane, violant la souveraineté congolaise. Aujourd’hui, vous légitimez ce vol sous couvert de “développement partagé” parce que vous bénéficiez de la protection de Paul Kagame. Votre stratégie est transparente : nier votre histoire (Banyamulenge ≠ Rwandais) pour justifier l’ingérence rwandaise.
Instrumentaliser les accords internationaux pour légaliser l’occupation militaire et économique tout en vendant la collaboration avec l’agresseur comme une “paix nécessaire”. La RDC n’a pas besoin de vos métamorphoses linguistiques. Elle a besoin de loyauté. Et tant que vous cacherez votre duplicité derrière des mots, nous serons là pour rappeler les faits. Le peuple Congolais refuse l’amnésie. Le français ne vous joue pas des tours. C’est vous qui jouez avec la vérité.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













