Dans les profondeurs des territoires qu’ils occupent, l’armée rwandaise et son allié le M23 tracent des voies sournoises pour perpétuer le pillage sans fin des ressources minières de la RDC. En créant des itinéraires dissimulés, ils échappent à la vigilance internationale, détournant l’attention de leur dessein sinistre sur le Congo. L’occupation de plusieurs localités stratégiques leur assure un accès privilégié au site minier de Rubaya, tout en isolant la ville de Goma pour étouffer toute intervention extérieure.
Notre rédaction a pu analyser les récits de certains témoins de ces manœuvres diaboliques et révèle un jeu complexe d’évitement et de contrôle. Le M23, conscient des retombées internationales d’une prise directe du précieux gisement, préfère une approche en retrait, surveillant de loin le site pour maintenir un statu quo fragile. Les commerçants de minerais, contraints par le blocus de Rubaya, se plient aux exigences de l’armée rwandaise, payant des taxes pour faciliter l’exfiltration des minerais volés à travers des itinéraires tortueux jusqu’au marché noir au Rwanda.
Cette ingénieuse toile d’intrigues s’étend encore : des conquêtes territoriales récentes visent à établir un corridor fluide de Rubaya à Kasunyu, permettant l’évacuation discrète des richesses vers le Rwanda. Les navires de guerre rwandais stationnés sur le lac Kivu près de la station de Gaz témoignent de cette stratégie expansionniste et cupide.
Le Rwanda, affamé de minerais mais pauvre en production, exploite ainsi habilement les richesses du Congo, alimentant un cycle de contrebande et de violences dévastatrices. Tandis que Paul Kagame nourrit des ambitions régionales, transformant la RDC en pion de son échiquier politique, l’ombre du génocide passé plane sur ces manœuvres obscures. Depuis les années 1990, le pays a semé le chaos en RDC, s’emparant de gisements lucratifs et soutenant des groupes armés assoiffés de profit, devenant ainsi le maître d’œuvre d’une exploitation brutale et sans scrupules.
Dans ce ballet sinistre d’avidité et de pouvoir, les populations locales restent les principales victimes, pillées de leurs ressources et piégées dans un conflit qui ne connaît pas de fin. Alors que le Rwanda prospère sur le dos du Congo, les cicatrices de cette exploitation perdurent, rappelant un triste chapitre de l’histoire africaine, où les intérêts individuels écrasent impitoyablement les droits humains et la dignité des peuples opprimés.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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