Il est fascinant de voir ces éminents professeurs de droit constitutionnel, qui passent leur temps à prêcher la vertu de la Constitution comme un dogme sacré, se transformer en acrobates de la pensée lorsque l’heure du changement sonne au palais présidentiel. Avec la même aisance qu’un prestidigitateur, ils manipulent les notions qu’ils ont eux-mêmes enseignées.
Ils se livrent à une gymnastique intellectuelle qui ferait rougir un contorsionniste. Ces “sages”, qui ont pendant des décennies formé des générations d’étudiants sur l’importance de la légalité et de la rigueur constitutionnelle, se retrouvent subitement en train de faire la danse du ventre pour justifier un opportunisme qui frôle le ridicule. Pourquoi se gêner, après tout ?
Après tout, le changement de la Constitution est une initiative légitime du Chef de l’État Félix Tshisekedi, alors pourquoi ne pas en profiter pour renier tout ce qu’ils ont défendu avec tant de ferveur ? Oublions un instant la notion d’opportunisme. Ces professeurs se positionnent comme des gardiens de la vérité, prétendant que leur seule motivation est l’intérêt du peuple congolais.
Quelle belle mascarade ! On se demande s’ils sont réellement convaincus de leur propre discours ou s’ils se contentent de jouer un rôle dans une pièce de théâtre pour laquelle ils sont gracieusement payés par le contribuable. N’est-ce pas ironique de voir ceux qui ont contribué à forger la Constitution du 18 février 2006, se réjouir aujourd’hui de l’opportunité de la réviser comme un enfant devant un nouveau jouet ?
Lorsque ces “professeurs de Droit Constitutionnel” évoquent leur « forte expérience » et leur connaissance approfondie de l’histoire constitutionnelle du pays, on ne peut s’empêcher de sourire. Car cette expérience ne semble pas les empêcher de sombrer dans le cynisme le plus total. Ils se présentent comme les architectes d’un grand débat sur la révision constitutionnelle.
Tout en omettant de mentionner que ce débat est surtout un terrain de jeu pour leurs ambitions personnelles et politiques. Ces professeurs, qui se veulent les phares de la pensée juridique, ne sont en réalité que des marionnettes dans un théâtre d’ombres, manipulées par les forces politiques en présence. Ils n’hésitent pas à sacrifier leurs principes sur l’autel du pragmatisme.
Ils se livrent à une sorte de double discours qui ferait rougir même les politiciens les plus aguerris. Alors, que nous reste-t-il de tout cela ? Un constat amer que ceux qui devraient être les défenseurs de la Constitution ne sont rien d’autre que des opportunistes déguisés en sages, prêts à tout pour maintenir leur place au soleil, même si cela signifie trahir leurs propres enseignements.
Dans ce grand cirque constitutionnel, le peuple congolais mérite mieux que des acteurs de cette pièce absurde. Il est temps de tirer le rideau sur cette farce et d’exiger une véritable intégrité de ceux qui prétendent parler au nom de la loi et de la justice. Les inconscients s’expriment à l’infinitif et se déploient dans les effets de langage. N’attendons de notre passé l’héritage que si de lui nous nous arrachons sans plainte.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












