“3è conclave de chefs d’États sur la République Démocratique du Congo, le Processus de Nairobi”, tel est l’intitulé des résolutions et du format de ce sommet, qui avait suscité, avant sa tenue, une lueur d’espoir dans la tête des congolais, dès lors qu’à l’aune de l’évolution de la situation sécuritaire et de conflit à l’est du pays, il n’y avait plus de doute possible sur la nature et le nom de l’agresseur.
Ce sommet, pour bon nombre, n’allait être qu’une consécration de ce qu’on savait déjà.
Sauf que cela n’a pas été le cas, les chefs d’États, sous la barbe de notre propre chef d’État qui était présent et sa délégation, ont décidé autrement, avec des formules diplomatiques alambiquées bonnes pour le tribunal de Nuremberg !
- Des délibérations
Au total 10 résolutions, celles-ci s’avèrent plus de la poudre de perlimpinpin aux yeux des congolais que d’une recherche véritable de la solution à travers cette organisation.
Tenez;
- les chefs de l’État, tout en reconnaissant la suprématie de la constitution congolaise, s’engagent à contribuer à la paix et à la réconciliation dans les provinces du Sud, Nord Kivu et l’Ituri.
Ils réaffirment de maintenir la RDC unifiée, avec des institutions cohérentes et crédibles.
Cette intrusion dans la politique interne m’étonne, car les institutions crédibles dont parle le conclave découle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe sacro-saint en Droit international.
Ce droit, ce n’est pas la CAE qui nous l’octroie, mais nous-mêmes.
C’est donc superfétatoire de le rappeler dans son communiqué, sauf si derrière il n’y aurait pas une volonté de nous faire croire que la communauté peut en décider autrement.
- les chefs d’Etats ont donné des instructions pour que la Force Régionale, en coopération avec les FARDC, cherche à stabiliser et à garantir la paix en RDC, et coopérer au processus de désarmement et démobilisation. On aurait été clair ici pour parler d’IMPOSER la paix, et non de chercher à stabiliser, car on est en plein dans une agression d’un pays membre par un autre, du moins pour la partie Nord-Kivu.
Le dire ainsi n’a aucune saveur, et aucun intérêt pour nous.
- le Point 4 des résolutions rappelle les objectifs de cette Force, et qui sera composée des pays et des troupes des pays membres.
Nulle part, malheureusement pour notre délégation à Nairobi, il a été fait OBJECTION ou émis une réserve quant à la participation du Rwanda, pays agresseur au sein de cette force, nulle part.
On a vu plutôt un tweet de la présidence l’objectant, mais dans les résolution, ça n’existe pas.
- Au point 6, les Chefs d’États ont exigé un cessez-le-feu immédiat, la fin des hostilités, ainsi que le retrait des positions récemment prises (cas de Bunagana).
Mais on ne donne aucune piste du comment, car ça sera de la volonté des occupants, s’ils acceptent de se retirer.
PIRE, aucune sanction n’est prévue en cas de non-exécution pour les occupants !
En évitant de désigner le Rwanda comme agresseur, mais en utilisant des périphrases comme “ÉLÉMENTS ÉTRANGERS NÉGATIFS”, le conclave a péché par aveugle, et mis notre pays en difficulté de réaffirmer qu’un pays voisin nous agresse.
Telle est d’ailleurs la position de la MONUSCO qui, par son communiqué du 14 juin, n’a pas confirmé avoir vu des éléments RDF derrière le M23.
- Le Point 8, relayant le point de vue de la communauté internationale souligne que tout langage offensant, tout discours de haine, toute menace de génocide et tout autre langage politiquement incitatif doivent être découragés par toutes les parties et que le peuple congolais DOIT ÊTRE ENCOURAGÉ à travailler ensemble afin de stabiliser l’est de la Rdc!
Ce langage infantile est même relayé par notre VPM et Ministre de l’intérieur et autres officiels, comme si les plaintes de nos populations sur leur souffrance, désignant clairement leurs bourreaux, seraient incitatives à massacrer on ne sait qui !
Quand on parle de génocide, on voit directement le Rwanda qui l’a connu, alors que celui qui se déroule en Rdc depuis des lustres n’est pas stigmatisé.
Quand on tue des rwandais, c’est un génocide.
Quand c’est des congolais, c’est des massacres simplement.
En Conclusion
En ne désignant pas le Rwanda comme agresseur, ni le M23 comme groupe terroriste, alors que telle est la position de notre gouvernement, ce conclave n’a quasiment rien résolu, et nous a quelque peu manqué de respect.
En objectant pas de la participation du Rwanda au sein de la force régionale, notre délégation s’est montrée fébrile, et a failli.
En n’obtenant aucune sanction en cas de violation des résolutions du conclave, la RDC n’a finalement RIEN OBTENU !
En acceptant cette Force, alors que sur terrain coexistent déjà l’UPDF ougandais, la MONUSCO, et semble-t-il d’autres forces invitées inconnus du grand public, la RDC accroit le risque de voir une partie de son territoire complètement incontrôlable dans les jours à venir…
Il semble qu’aujourd’hui les postures diplomatiques ont montré leur limite, et que la solution primaire est la sécurisation de notre territoire et frontières par nos forces armées.
Il faille plus mettre de l’âme de ce coté là, et déployer nos efforts dans ces objectifs-là, en nous réarmant moralement et physiquement, afin de guerroyer et de sauver notre territoire.
Communication particulière Babi Kundu













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