Objet : Du Banyamulenge au “Rwandophone” – chronique d’une trahison documentée
À l’attention de Maître Moïse Nyarugabo,
Vous qui avez orchestré le pillage et le transfert des archives stratégiques du Zaïre vers le Rwanda lors de l’entrée de l’AFDL le 17 mai 1997, cette lettre vous est directement adressée. Vos métamorphoses identitaires – du Banyamulenge au “Tutsi congolais”, puis du Banyarwanda au “Rwandophone” – ne sont que les masques d’une déloyauté institutionnalisée.
La RDC vous a offert asile, nationalité, et même un siège au Sénat, et vous lui avez rendu un cadeau empoisonné : la spoliation de sa mémoire collective et de ses secrets d’État. Le pillage systématique des archives congolaises est un crime contre la mémoire congolaise. Le 17 mai 1997, sous votre supervision, des documents classés secret défense – plans militaires, fréquences radio, ordonnances présidentielles de Kasa-Vubu à Mobutu – ont été transférés à Kigali.
Ces archives, vitales pour la souveraineté congolaise, sont aujourd’hui instrumentalisées par le Rwanda pour justifier ses ingérences répétées. Les plans d’état-major volés ont permis au Rwanda de cartographier les vulnérabilités militaires congolaises, facilitant les invasions de 1998 et 2012. Il existe un rapport détaillé de votre rôle clé dans cette opération, aux côtés de James Kabarebe et Paul Kagame, sous le prétexte fallacieux de “sécurisation”.
Votre reniement de l’identité Banyamulenge (historiquement congolaise) au profit du “Rwandophone” révèle une allégeance à Kigali. Ces métamorphoses identitaires sont une stratégie d’occupation. D’abord, c’est une fraude administrative. Le terme Banyamulenge, forgé pour légitimer la présence rwandaise au Sud-Kivu, a été abandonné dès que l’agenda expansionniste a nécessité une assimilation complète au Rwanda.
Votre complicité est documentée. En 2019, nous avions exposé dans un ouvrage intitulé : “KONGO : EGRÉGORE DU MONDE” comment des réfugiés rwandais utilisent de fausses identités congolaises pour s’infiltrer aux États-Unis et en RDC – une tactique que votre parcours incarne. Votre analyse de l’accord RDC-Rwanda de Washington 2025 est un chef-d’œuvre de duplicité.
Selon vous, un désengagement militaire serait différent d’un retrait des troupes. Comme en 2012, le Rwanda devrait maintenir ses troupes sous couvert de “zone tampon”, tandis que les FDLR serviraient de bouc émissaire pour justifier une présence militaire permanente. La “coopération bilatérale” sur le lac Kivu et les minerais parachèveraient le pillage initié en 1997.
Maître Moïse Nyarugabo, la RDC n’oublie pas. Votre nom restera synonyme de trahison. Les archives volées, comme les vies brisées, réclament justice. La RDC survivra à vos manigances, mais l’histoire vous jugera comme l’homme qui a vendu la mémoire d’un pays qu’il prétend pourtant publiquement être sien à un pays agresseur, le Rwanda pour ne pas le citer, pour une place au Sénat. Les serrures changent, mais les complots laissent des traces.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













