Des informations non confirmées font état d’un accord potentiel entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu, deux personnalités politiques congolaises majeures.
Selon ces rumeurs, Félix Tshisekedi, qui aurait été porté au pouvoir par Joseph Kabila en 2018, envisagerait de ne pas respecter le deal conclu pour rendre le pouvoir au clan Kabila en 2023 en imposant Fayulu comme président de la République via la CENI contre la volonté de l’ancien président devenu sénateur à vie. Cette stratégie évoque les précédents de Poutine-Medvedev et suscite des interrogations quant à ses motivations et à la trahison présumée de Fayulu envers la volonté du peuple. Les possibles implications d’un tel accord seraient non seulement désastreuses mais soulèvent clairement des questions sur l’intégrité des acteurs politiques impliqués.
Le contexte politique et les enjeux
La situation politique en République démocratique du Congo (RDC) est marquée par des tensions et des rivalités entre différents acteurs. L’arrivée de Tshisekedi au pouvoir en 2018 a été perçue par certains observateurs comme une transition politique, mais les spéculations sur les liens rompus du moins publiquement entre Kabila et lui persistent. Dans ce contexte, l’alliance présumée entre Tshisekedi et Fayulu soulève des questions sur les motivations réelles de ces deux frères de l’église Philadelphie, et sur leur engagement envers la démocratie et la volonté du peuple congolais.
La stratégie Poutine-Medvedev et ses implications
La référence à la stratégie utilisée par Vladimir Poutine et Dmitry Medvedev en Russie suscite l’intérêt et l’inquiétude. En Russie, Poutine a cédé la présidence à Medvedev pendant une période avant de reprendre le pouvoir, ce qui a été perçu par certains comme une manoeuvre pour contourner les limitations constitutionnelles et maintenir son emprise sur le pays. Si Tshisekedi envisage une stratégie similaire en imposant Fayulu à la présidence tout en conservant un pouvoir significatif en tant que futur Premier ministre issu d’une majorité parlementaire écrasante. Ce serait pour d’un côté écarter définitivement Moïse Katumbi et Joseph Kabila considérés tous deux comme étrangers. Et de l’autre côté, dans la droite ligne de sa campagne de réélection, créer un camp nationaliste pour affronter les ennemis désignés, le Rwanda d’abord et ensuite récemment le Kenya qui a autorisé à Nairobi la création du mouvement politico-militaire AFC de l’ancien président de la CENI Corneille Nangaa. Cela soulève des préoccupations quant à la stabilité politique et à la véritable indépendance de la RDC. Quelles seraient les réactions du duo Katumbi-Kabila dans ce cas ? Nul ne le sait. Ce duo a l’avantage de disposer un ancrage sociologique dans le pays et des moyens financiers illimités. C’est un danger plus que réel qu’il ne faudrait pas sous-estimer.
La trahison présumée de Martin Fayulu
Si les allégations selon lesquelles Martin Fayulu, président élu en 2018 dont le pouvoir aurait été usurpé par le duo Kabila-Tshisekedi, aurait accepté de jouer un rôle prédéterminé dans cette stratégie s’avèrent vraies, cela représenterait une trahison envers la volonté du peuple congolais. Celui qui se fait appeler le soldat du peuple et qui a été perçu comme un candidat populaire et porteur d’espoir lors des élections, serait accusé d’avoir manipulé le processus démocratique au profit de Tshisekedi qui en l’imposant président de la république garderait en réalité toute l’effectivité du pouvoir via toutes les majorités parlementaires de toutes les assemblées provinciales et nationale. Martin Fayulu serait alors pire que tout le clan Kabila réuni. Une telle trahison ne serait pas seulement impardonnable, mais elle pourrait également susciter des troubles sociaux et politiques en RDC.
L’éventuel accord entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu soulève des questions importantes sur l’intégrité des leaders politiques et l’avenir démocratique de la République démocratique du Congo. Si ces allégations s’avèrent vraies, il est essentiel que la société civile, les médias et les citoyens congolais restent vigilants et demandent des comptes aux politiciens impliqués. La démocratie et la volonté du peuple doivent prévaloir sur les intérêts personnels et les manœuvres politiques.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain













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