Dans le grand théâtre de la politique congolaise, où les acteurs se pavanent sous le feu des projecteurs tout en cachant des munitions sous leur cape, il est grand temps de tirer la sonnette d’alarme. La vision de Félix Tshisekedi, pourtant empreint de promesses de changement et de renouveau, se voit assombrie par une poignée d’autorités dont l’immoralité semble être le seul fil conducteur.
Prenons un instant pour observer le marché de l’assainissement de certaines communes de Kinshasa, un projet censé fleurir des initiatives bénéfiques pour la population. Surprise ! Ce marché est attribué à la fondation du Vice-Gouverneur. Coïncidence ou conflit d’intérêts ? Il est difficile de ne pas voir là une danse macabre entre l’argent public et les poches privées.
Les citoyens, quant à eux, se grattent la tête, se demandant si l’assainissement ne devrait pas être l’affaire de l’État, et non celle d’un proche du pouvoir. Et que dire des services de communication de certains ministères, dont le contrat semble être attribué à l’agence de communication de… devinez qui ? L’Excellence Monsieur le Ministre lui-même.
Cela frôle le grand cirque, où l’on jongle avec l’argent du contribuable tout en se moquant éperdument des principes d’éthique. À ce rythme, on se demande si la prochaine étape sera de voir des ministres se proclamer artistes de la communication, offrant des spectacles de propagande au lieu de servir le peuple. Il est également fascinant de constater que le cabinet de certaines autorités est un véritable club familial.
Les membres de la famille biologique se bousculent pour obtenir des postes, tandis que les colleurs d’affiches, les fidèles toutou de partis politiques, se voient offrir des rôles de choix. Cela donne l’impression que la compétence est un concept obsolète, remplacé par le népotisme et le copinage. La question se pose alors : où sont les professionnels, les experts capables d’apporter un véritable changement ?
Ils ont dû se perdre dans le dédale des intrigues politiques. Dans ce contexte, la vision de Félix Tshisekedi, qui appelle à la transparence et à la bonne gouvernance, se transforme en un mirage. Les citoyens aspirent à un changement, mais se retrouvent piégés dans un système où l’immoralité et le favoritisme semblent avoir pris le pas sur l’intérêt général de manière affligeante et exponentielle.
Il est grand temps que le Président de la République siffle la fin de cette récréation en 2025. Un retour à l’éthique, une remise en question des pratiques en vigueur et une prise de conscience collective sont nécessaires pour redonner espoir aux Congolais. Il est temps de démanteler les cartels mafieux qui ont pris en otage l’administration publique congolaise.
En attendant, la scène politique continuera de ressembler à un grand spectacle de marionnettes, où les fils invisibles de l’immoralité tirent les cordes, laissant le peuple en spectateur impuissant. Félix Tshisekedi, il est temps d’agir avant que le rideau ne tombe définitivement sur cette comédie tragique. Le premier jour du calendrier grégorien doit nous inciter à une remise en question collective.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













