Dans le vaste tableau de la RD Congo, où les rivières emportent à la fois les rêves et les désillusions, l’inculture de nos autorités s’élève tel un spectre, obscurcissant l’horizon d’un avenir meilleur. Ce phénomène, souvent négligé, mérite une attention particulière, tant il constitue un frein à l’édification d’une démocratie véritable et d’un développement durable.
L’inculture, dans son acception la plus large, désigne un manque de connaissance, de sens critique et de capacité d’analyse. En RDC, elle se manifeste par des décisions politiques souvent irréfléchies, des discours déconnectés de la réalité et une gestion des affaires publiques qui frôle l’absurde. La politique, en tant qu’art de gouverner, exige une certaine érudition.
Nos dirigeants, au lieu de puiser dans la richesse de notre histoire, de notre culture et de notre diversité, semblent se complaire dans une ignorance crasse qui empêche toute avancée significative. Elle demande des leaders éclairés, capables de comprendre les enjeux complexes qui traversent notre société. Or, force est de constater que beaucoup de nos autorités semblent naviguer à vue.
Elles semblent guidées non par une vision éclairée, mais par des intérêts personnels et éphémères. Cette dérive entraîne une déconnexion avec les citoyens, qui, dépités, voient leurs espoirs s’étioler. L’inculture politique engendre également une crise de la confiance. Les citoyens, en quête de repères et de modèles, se retrouvent face à des figures qui ne leur inspirent ni respect ni admiration.
Comment croire en des leaders qui manquent de la rigueur intellectuelle nécessaire pour appréhender les défis contemporains ? Cette défiance, insidieuse, sape les fondements mêmes de la démocratie, car elle éloigne les populations des processus décisionnels et les pousse à l’apathie. Pourtant, la RDC regorge de talents, d’intellectuels et de citoyens engagés qui s’efforcent de porter des idées novatrices.
L’enjeu réside donc dans la capacité de nos autorités à s’ouvrir à la connaissance, à s’entourer d’experts et à encourager le débat public. Il est impératif de promouvoir une culture de l’excellence, où l’éducation et la formation continue deviennent des priorités. L’inculture de nos autorités constitue un véritable poison pour la démocratie en RDC.
Il est temps d’exiger des leaders qu’ils s’investissent dans leur propre éducation et qu’ils embrassent la richesse de notre patrimoine culturel. La renaissance de notre pays passe par une élite éclairée, capable de bâtir un avenir radieux et de redonner espoir à un peuple en quête de justice et de prospérité. L’heure de la réflexion et du changement a sonné.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













