Il est un phénomène aussi vieux que le pouvoir lui-même : ceux qui hier brandissaient des slogans vengeurs contre leurs adversaires politiques sont aujourd’hui les premiers à étouffer toute voix critique. Dans le Haut-Uélé, cette hypocrisie atteint des sommets. Les mêmes qui scandaient “Fatshi kanga moyibi” contre Christophe Baseane Nangaa orchestrent désormais une campagne de terreur contre les journalistes qui osent révéler l’incompétence crasse de l’exécutif provincial dirigé par Jean Bakomito Gambu.
Un an après son élection, le bilan est accablant : aucun chantier achevé, des deniers publics dilapidés dans des projets fantômes, et une administration provinciale plus préoccupée par sa communication erratique que par ses résultats. Pire, ceux qui dénoncent cette gabegie sont systématiquement menacés, insultés, ou réduits au silence par une milice numérique de “terroristes du clavier”.
L’homme de Bambesa est passé de “Goliath” à Gouverneur fantôme dans un règne de l’imposture. Jean Bakomito Gambu, jadis perçu comme un successeur naturel par certains médias complaisants, découvre aujourd’hui la dure réalité du pouvoir. Élu par 21 votes sur 20 votants, d’abord invalidé pour tricherie industrielle à la députation avant d’être déclaré vainqueur dans une opacité digne d’un mauvais thriller sur des promesses de développement et d’unité.
Son mandat se résume à des réunions interminables (comme le “cadre permanent de concertation des gouverneurs”) qui ne débouchent sur aucune action concrète, un bilan infrastructurel désastreux : routes en ruine, écoles sous-équipées, hôpitaux délabrés – aucune réalisation tangible ne justifie les milliards engloutis et une communication agressive pour masquer l’échec, tandis que ses soutiens traquent les journalistes comme des ennemis publics.
Et pourtant, quand la presse ose pointer ces carences, la réponse est immédiate : menaces, intimidations, et campagnes de diffamation. Faut-il rappeler que personne ne s’intéresse à la vie privée de l’homme de Bambesa ? Non. Ce qui intéresse le peuple, c’est l’argent public disparu, les projets abandonnés, et le climat de peur instauré contre les lanceurs d’alerte.
Les méthodes employées par l’entourage de l’homme de Bambesa rappellent les pires heures des régimes autoritaires avec des menaces directes. Des journalistes reçoivent des appels anonymes, des messages intimidants, voire des avertissements physiques. Il y a aussi des campagnes de dénigrement contre ceux qui refusent de se taire. Les thuriféraires du gouverneur inondent les réseaux sociaux d’insultes et de fausses informations pour discréditer les voix critiques.
Les médias indépendants sont marginalisés, privés d’accès aux informations officielles, tandis que les organes de la propagande de “Mwana Nzambe” monopolisent l’espace médiatique. Cette stratégie n’est pas sans rappeler les lignes directrices des régimes répressifs, où la lutte contre le terrorisme sert de prétexte pour museler la presse. Face à cette machine répressive, une seule réponse : la résistance organisée avec un archivage systématique.
Toutes les menaces sont documentées, identifiées, et portées à la connaissance des instances nationales et internationales. La corporation journalistique, au niveau local et international, est alertée pour briser l’omerta. Il y a une mise en lumière permanente : chaque insulte, chaque menace, chaque échec du gouvernement sera exposé, sans relâche. “Les insultes d’aujourd’hui seront systématiquement la souffrance médiatique de l’homme de Bambesa demain”.
Car le véritable terrorisme, ce n’est pas celui des journalistes qui informent – c’est celui des censeurs qui veulent étouffer la vérité. L’histoire jugera les Philistins du pouvoir. Jean Bakomito Gambu et ses affidés croient-ils vraiment que la peur fera taire le peuple ? L’histoire montre que les régimes construits sur la répression finissent toujours par s’effondrer sous le poids de leurs propres contradictions.
Aujourd’hui, le Haut-Uélé étouffe sous une gestion calamiteuse. Mais demain, les comptes seront rendus. Et quand le procès de l’incompétence et de l’intolérance s’ouvrira, aucune menace, aucun mensonge, ne pourra sauver ceux qui auront trahi la confiance publique. La plume est plus forte que la terreur. Et nous ne lâcherons rien.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













