Dans l’Est de la RDC, occupé par le RDF/M23, une nouvelle arme silencieuse émerge : des billets de 500 et 1000 francs congolais (FC) apparaissent massivement à Goma et Bukavu, zones sous contrôle rebelle. Trois semaines plus tôt, un homme était arrêté à Kasindi avec des liasses suspectes de ces mêmes coupures . Coïncidence ? Impossible. Le Rwanda instaure une économie de guerre sous perfusion de faux billets.
Le RDF/M23 serait-il en train de fabriquer sa propre monnaie pour financer son occupation illégale, avec la complicité de certains acteurs locaux ? Ce qui se passe est d’une extrême gravité, une invasion monétaire aussi brutale que militaire. Scénario troublant : les billets de 500 et 1000 FC, peu utilisés dans les échanges quotidiens, surgissent soudainement en masse.
À Kasindi, près de la frontière ougandaise, les autorités ont intercepté un individu avec des quantités anormales de ces coupures – un schéma classique de blanchiment ou de financement d’une économie parallèle. Le modus operandi est connu. Ces billets circulent principalement dans les zones contrôlées par le RDF/M23 (Goma, Bukavu), où les terroristes imposent déjà des taxes illégales sur les minerais et les marchandises.
Le RDF/M23 ne se contente plus de voler nos minerais. Il imprime maintenant notre monnaie pour acheter notre silence. La technique de faux billets est une importation rwandaise qui a déjà été expérimentée sur notre sol. C’est dire que ce projet macabre a été préparée de longue date. En 2016, des faux billets de 5000 FC inondaient déjà Kindu, fabriqués avec des méthodes artisanales mais efficaces.
Expertise rwandaise ? Certainement. Le Rwanda présent militairement via le RDF/M23 est impliqué dans des trafics transfrontaliers. La proximité des ateliers de faussaires ougandais et rwandais est un fait connu. En 2017, la Banque centrale du Congo alertait sur les faux billets “série RC”, difficiles à distinguer sans lampe UV . Aujourd’hui, aucune campagne de sensibilisation n’est menée dans l’Est occupé.
Pourquoi Paul Kagame s’attaque-t-il au Franc Congolais ? Il sait mieux que quiconque que la monnaie est un des attributs de la souveraineté nationale. Aucune enquête sérieuse n’aurait été ouverte après l’arrestation à Kasindi. Les autorités monétaires congolaises, pourtant promptes à alerter sur les faux billets à Kinshasa , semblent paralysées dans l’Est où notre vigilance devrait être maximale.
Le RDF/M23 utilise ces billets pour payer ses terroristes et corrompre les fonctionnaires locaux, créant une dépendance économique à son occupation. Pourquoi la banque centrale ne dénonce-t-elle pas cette hémorragie monétaire alors qu’elle a su le faire pour des séries précédentes ? L’objectif caché de ces faux billets est d’asphyxier financièrement la résistance congolaise.
La stratégie d’étouffement du Rwanda est d’inonder les marchés de faux billets pour déstabiliser les commerçants et saper la confiance dans le Francs Congolais. Ce qui pousserait la population à adopter le dollar ou le franc rwandais – monnaies contrôlées par Kigali. C’est une arme psychologique que de déjà traumatiser le peuple par les exactions du RDF/M23 et maintenant le faire douter de chaque billet, une insécurité supplémentaire.
L’occupation militaire se double d’une colonisation monétaire. Le Rwanda veut que la RD Congo paie en franc rwandais. Que faire ? Trois scénarios explosifs. Scénario optimiste : Kinshasa lance une opération coup de poing avec la BRI (Brigade de répression de la fausse monnaie) et la MONUSCO pour traquer les ateliers clandestins. Scénario réaliste : La Banque centrale démonétise les séries suspectes.
Comme en 2017, mais cela pénalise d’abord les civils. Scénario catastrophe : Le RDF/M23 officialise son “franc du Kivu endossé au franc rwandais”, achevant de fragmenter l’économie congolaise. C’est le sens de l’acharnement de ces terroristes sur la CADECO dans les territoires occupés. Heureusement, la DG Juliette Mbambu Mughole avait pris des dispositions pour protéger l’épargne de la population.
Si rien n’est fait. Dans six mois, les Congolais dans les territoires occupés par l’armée rwandaise pourraient être forcés de payer leur pain avec des billets estampillés “fabriqué au Rwanda”. Ce qu’aucun patriote ne pourra jamais accepter. Un pays qui ne défend pas sa souveraineté finit par être le spectateur de son propre déclin. C’est un devoir sacré que de protéger la patrie pour éviter des conséquences néfastes.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













