Dans un contexte déjà chaotique marqué par une guerre qui décime nos populations, certaines autorités congolaises semblent naviguer dans un océan d’irresponsabilité et d’incompétence. La récente annonce de l’expulsion de John Nsenguwera, un jeune Rwandais impliqué dans des crimes violents aux États-Unis, vers la RDC, met en lumière une situation ubuesque qui mérite une attention urgente.
John Nsenguwera, âgé de seulement 18 ans, a d’abord trompé les autorités américaines en se faisant passer pour un réfugié congolais bien qu’il soit un sujet rwandais avéré. Son parcours criminel a culminé avec une fusillade tragique dans une école au Texas, où il a été impliqué dans un échange de tirs avec la police, entraînant des blessures et une condamnation.
Alors que la justice américaine fait son travail, que fait le gouvernement congolais pour se préparer à cette expulsion imminente ? Il est inacceptable que la RDC, déjà en proie à des crises multiples, se retrouve à gérer un individu dont l’historique criminel pourrait représenter un danger pour la société. Que compte faire l’État congolais à son arrivée ?
Le laisser filer dans la nature comme tant d’autres ? Ou pire, lui offrir une nouvelle chance de s’intégrer dans un environnement où la sécurité est déjà précaire ? L’absurdité de la situation est accentuée par le fait que John Nsenguwera, bien qu’il soit d’origine rwandaise, a obtenu des documents congolais. Par quel miracle ? Nul ne saura répondre à cette interrogation.
Cela soulève des questions plus larges sur la gestion des réfugiés et des migrants dans notre pays. De nombreux Rwandais se présentent comme Banyamulenge ou Banyarwanda dans les camps de réfugiés, exploitant le système pour obtenir des documents qui leur permettent de voyager. Ce phénomène, loin d’être isolé, contribue à une confusion qui fragilise encore davantage notre souveraineté.
Il est grand temps que les autorités congolaises prennent conscience de leur responsabilité. L’expulsion de criminels comme John Nsenguwera ne doit pas être un acte banal, mais une occasion de repenser notre approche face à la sécurité nationale et à la gestion des réfugiés. Le gouvernement doit établir des protocoles clairs et rigoureux pour traiter les cas d’expulsions.
Afin d’éviter de se retrouver avec des individus potentiellement dangereux sur notre territoire, la situation de John Nsenguwera est symptomatique d’une gestion chaotique et irresponsable de certaines autorités congolaises. Au lieu de se concentrer sur la sécurité de leurs citoyens, elles semblent plus préoccupées par des considérations administratives et des jeux de pouvoir.
Il est impératif que le gouvernement prenne des mesures concrètes pour assurer la sécurité de la population et éviter que des situations ubuesques telles que celle-ci ne se reproduisent à l’avenir. Celui qui porte le masque d’un autre ne peut jamais prétendre à la vérité de son propre visage. Le temps de l’inaction est révolu.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













