Nous étions en vacances de fin d’année scolaire. une interminable année couronnée par un brevet de cycle d’orientation C.O en abrégé. Je revenais de l’internat à Kavwaya dans le Kongo-Central ex-Bas-Zaïre. Alors pour me faire plaisir, mon père me proposa d’aller assister à un concert de l’orchestre Stukas qui aura lieu dans notre quartier.
Il faut dire qu’à l’époque, les orchestres Kinois ne s’hasardaient que très rarement loin de leurs bases. Ils préféraient se limiter à N’djili et pas plus loin. Mais contraints de se produire à Kinkole obligatoirement pendant la journée du poisson dans la 2ème République. Cette soirée-là, un certain samedi de mois de juillet, mes parents et moi assistaient au concert dans le bar “Révolution” sur le boulevard du Zaïre.
Ce bar appartenait à un certain Albert Lokaya, de la tribu Libinza ayant son domicile secondaire au quartier du 20 mai 1967 ex Immo-Congo, non loin du stade. Donc, voisin de l’artiste musicien Lita Bembo, le showman qui y résidait aussi. On ira s’installer tout juste en face du podium. C’était ma première fois de voir de si près le chanteur Gaby Lita en dehors de la télévision.
Il me semblait trop grand. Un homme élancé qui dansait avec facilité avec ses jambes et mains interminables. Ses musiciens ne m’intéressaient guère à part lui-même. Et un autre musicien qui attira mon attention c’était le soliste Samunga qui jouait sa guitare avec dextérité en étant assis, un ventilateur à ses côtés. Et c’était, le jour où le musicien Gaby Lita présenta sa nouvelle danse “Mombombo-Caïman”.
Cette danse “Mombombo-Caïman” en hommage à la cité des pêcheurs Kinkole comme pour un caïman capturé qu’on essayait de jeter dans la pirogue par les pêcheurs. Sacré Libek ! Caïman kita-mata. Ce concert fut aussi le tout premier de ma vie. Un souvenir inoubliable de ma jeunesse. Je reverrais plusieurs années après Lita Bembo en Belgique plus précisément à Anvers vers fin des années 90.
Cette fois-ci, c’était dans un bistrot du nom de “Siphos” chez ma Caro. Ce sera lui qui va se lever de son siège pour me saluer. Apparemment, j’étais plus grand que lui par la taille. J’avais grandi par rapport à l’époque de mon brevet de cycle d’orientation.
Dary Abega / Lobjectif.net













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