Pendant trois décennies, la gestion des mines en RDC a souvent rimé avec opacité, prédation et fuite des richesses. Des contrats léonins aux rapports accablants de la CPI, en passant par une manne minière qui profitait davantage aux réseaux occultes qu’à la nation, le secteur le plus stratégique du pays était devenu le symbole du gâchis organisé.
Aujourd’hui, un homme change la donne. Louis Watum Kabamba, le nouveau ministre des Mines, n’a pas attendu les grands discours : il a instauré la redevabilité trimestrielle et fixé le cap. Pour la première fois depuis l’ère Mobutu et ses prolongements chaotiques, un gestionnaire ose dire : “Rendez-nous compte.” Direction générale, entreprises publiques, divisions provinciales – plus rien n’échappe à cette exigence nouvelle.
C’est un séisme administratif, une rupture nette avec la culture du “débrouillez-vous”. L’apport personnel de Louis Watum ne se limite pas à une circulaire. C’est un ingénieur, un manager de terrain, un homme qui connaît les entrailles du Katanga comme du reste du pays aussi bien que les arcanes de la finance internationale. Là où ses prédécesseurs se contentaient de superviser des flux sans les maîtriser, il met en place des outils de suivi en temps réel.
Il traque la fraude statistique et impose des audits croisés. Le résultat est déjà visible : la production déclarée de cobalt, de cuivre et d’or connaît un bond sans trucage, et les recettes fiscales remontent vers Kinshasa comme jamais. Mais le plus percutant est sa vision : il ne veut plus d’un secteur minier qui enrichit quelques-uns et laisse les provinces exsangues. Il réoriente les investissements vers la transformation locale, casse les circuits parallèles et impose la traçabilité.
C’est cette main ferme, calme et implacable qui fait aujourd’hui la différence. À l’horizon 2028, les perspectives qu’il ouvre à la nation congolaise sont immenses. Avec la redevabilité comme pilier, Louis Watum Kabamba pose les bases d’une industrie minière créatrice d’emplois directs et indirects à grande échelle. Louis Watum ne promet pas un miracle : il construit, trimestre après trimestre, un État qui redevient maître chez lui.
D’ici cinq ans, la formalisation des coopératives, la construction d’usines de raffinage sur le sol congolais et la fin du creusement sauvage pourront générer plus de 500 000 emplois décents – des mineurs aux logisticiens, des chimistes aux sécurisateurs de sites. Chaque kilotonne de métal rouge qui sortira légalement d’un atelier congolais, chaque lingot d’or tracé depuis le creuseur jusqu’à l’exportateur.
Ce sera un père de famille qui rentre chez lui avec un salaire, un jeune qui choisit la pioche réglementée plutôt que la kalachnikov. Enfin, la RDC peut espérer que ses sous-sols ne soient plus une malédiction, mais une machine à élever tout un peuple. Celui qui éclaire la terre sans dérober ses entrailles ne creuse pas sa propre tombe, mais y sème l’or de demain. Ainsi Louis Watum Kabamba a lavé les mains du minerai pour qu’enfin la RD Congo boive à sa propre source .
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













