Le Haut-Uélé, terre riche de ses traditions et de son patrimoine éducatif, traverse une crise profonde depuis l’arrivée au pouvoir de “l’homme de Bambesa”. Entre abandon des valeurs ancestrales, délitement du système éducatif, avènement de l’insultocratie Bakomitonienne et instrumentalisation politique, la province s’éloigne de son destin prometteur.
Pourtant, c’est dans l’héritage honorable de ses savoirs traditionnels et dans une éducation rénovée que réside la clé d’un débat apaisé et d’un avenir prospère. Les défis du Haut-Uélé en matière d’éducation sont criants : écoles rares et éloignées, infrastructures délabrées, enseignants sous-équipés, et des enfants contraints de parcourir des kilomètres pour accéder à un enseignement minimaliste.
La délégation des enseignants venue alerter le vice-ministre de l’Éducation nationale en 2024 a souligné l’absence de mécanisation des bureaux gestionnaires et le manque de statistiques fiables, symptômes d’une administration négligente. Alors que la RDC a progressé vers la gratuité de l’éducation, le Haut-Uélé reste à la traîne, pillé par des logiques clientélistes qui détournent les ressources au profit d’autres provinces.
Le Haut-Uélé porte en lui une tradition de transmission des savoirs, où l’éducation était un lien entre les générations. Former l’homme suppose de cultiver sa raison, sa moralité et sa capacité à agir sur le monde. Or, cet héritage est aujourd’hui marginalisé au profit d’une politique de court terme, où la province est traitée en réservoir de richesses plutôt qu’en berceau de civilisation.
Reconnecter l’école aux valeurs locales – respect des aînés, harmonie communautaire, et apprentissage pratique – pour en faire un outil d’émancipation et non de soumission. Depuis l’accession au pouvoir de l’homme de Bambesa, les priorités ont visiblement changé. Les budgets alloués à l’école publique stagnent, alors que des fonds sont détournés vers des projets pharaoniques ailleurs.
L’escalade des conflits dans l’Est, couplée à la négligence politique, a entraîné la fermeture de milliers d’écoles et privé 1,6 million d’enfants de leur droit à l’apprentissage. Comment accepter que le Haut-Uélé soit sacrifié pour bâtir ailleurs, alors que ses enfants méritent autant d’accéder à l’excellence éducative prônée par les Objectifs de Développement Durable ?
Pour sortir de l’impasse, il faut sanctuariser l’éducation en exigeant un financement transparent et prioritaire, en s’inspirant des modèles de plaidoyer réussis comme celui de la Coalition nationale pour l’éducation en RDC, intégrer les traditions orales et l’éthique communautaire dans les programmes scolaires, pour former des citoyens fiers de leur identité.
Le Haut-Uélé ne mérite ni la résignation ni le pillage. Il est temps de réveiller l’”honorable héritage” de ses ancêtres et d’exiger une éducation digne, pour que la province devienne enfin un phare de savoir et de paix. La nouvelle ère commence par un refus collectif : celui de servir de marchepied à une province voisine et soeur, au détriment de ses propres enfants.
Aux élites locales, assumez votre rôle de gardiennes de la tradition et de l’avenir. À la jeunesse, saisissez les outils du plaidoyer pour exiger vos droits et à la communauté internationale, soutenez les écoles du Haut-Uélé, avant qu’il ne soit trop tard. Un peuple sans éducation est un peuple sans avenir. Un peuple qui oublie ses traditions est un peuple sans âme.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













