Depuis le 3 août 2024, la situation à Kaseghe, chef-lieu du groupement Musindi dans le territoire de Lubero, Nord-Kivu, devient de plus en plus préoccupante. Des éléments du mouvement M23-AFC, armés et en uniforme, sont signalés dans la région, provoquant un climat de peur et d’insécurité parmi la population locale.
Deux incidents notables en moins d’une semaine témoignent de cette menace persistante. Le 7 août, un soldat évadé du M23 a été signalé en train de commettre des actes de pillage sur la route de desserte agricole Kaseghe-Vurambya-Kirumba. Armé et en tenue du M23, il a extorqué de l’argent et des biens aux passants sur la rivière Kasugha.
Ce comportement délinquant ne fait qu’aggraver la situation déjà instable de la région, où les habitants craignent pour leur sécurité quotidienne. Le week-end précédent, un autre élément du M23 a ouvert le feu sur la route RN2 Kaseghe-Mighobwe-Kirumba, provoquant la panique parmi les riverains. Accusé de vol et de tentative de viol, cet individu est décrit comme un être dangereux.
Il n’hésite pas à tirer sur ceux qui osent s’opposer à lui. Les témoins rapportent que, lors de son attaque, il a dérobé plus de 300 000 FC et des téléphones, avant de tenter de violer une fillette, échappant à la justice grâce à la défaillance de son arme. Malgré ces actes répréhensibles, le M23-AFC n’a émis aucune déclaration pour désavouer ces comportements de la part de ses membres.
Ce silence peut être interprété comme une complicité tacite, renforçant le sentiment d’impunité parmi les combattants. Les habitants sont de plus en plus inquiets, craignant que ces incidents ne deviennent la norme, alors même que la présence du M23 dans la région est censée être celle de « libérateurs ». Dans la communauté, des murmures de mécontentement s’intensifient.
Beaucoup souhaitent un retrait du M23 pour permettre aux Forces Armées de la RDC de reprendre le contrôle et de rétablir l’ordre. Cependant, la peur de représailles empêche de nombreuses voix de s’élever contre ces abus. Un défenseur des droits humains, en fuite pour des raisons de sécurité, a déclaré : « La liberté d’expression n’existe plus. Personne n’ose dénoncer les actes du M23, car ils affirment ne pas avoir de prison. Ils ont clairement exprimé leur refus de collaborer avec la société civile et de respecter les droits humains. »
La situation à Kaseghe illustre les dangers d’une occupation armée qui se veut libératrice mais qui se transforme en tyrannie. Les populations locales, déjà éprouvées par des décennies de conflits, méritent de vivre en paix et en sécurité, loin des menaces de ceux qui prétendent les défendre. Le temps est venu pour la communauté internationale et les autorités congolaises de prendre conscience de cette réalité et d’agir pour protéger les citoyens de la RDC contre toute forme de violence et d’oppression.
La Rédaction / Lobjectif.net













