Le 29 et 30 juin 2025, Kinshasa, la vibrante capitale de la République démocratique du Congo (RDC), se prépare à accueillir un événement sans précédent : le Marathon international de Kinshasa. Un rassemblement ambitieux qui promet de rassembler près de 15 000 coureurs, des athlètes de renom aux amateurs passionnés, tout en plaçant la RDC sous les projecteurs mondiaux.
Sous l’impulsion de la Première Ministre Judith Suminwa, le lancement de ce marathon est présenté comme une pièce maîtresse du programme gouvernemental. Dans un pays où le sport est souvent éclipsé par des problèmes socio-économiques et politiques, la tenue de cet événement pourrait bien être le catalyseur d’un renouveau.
Judith Suminwa affirme que cet événement est bien plus qu’une simple course ; il symbolise l’unité, le dynamisme et la résilience d’une nation en quête de reconnaissance sur la scène internationale. « Le marathon international de Kinshasa est une carte postale de notre pays, » a-t-elle déclaré, évoquant la beauté et la diversité de la RDC.
Un message fort, mais qui soulève également des questions : peut-on réellement transformer un marathon en un symbole de prospérité et d’unité dans un pays qui peine à surmonter ses défis historiques ? Le Gouvernement congolais voit dans le sport un levier essentiel pour redresser le pays. La promotion de la santé et du bien-être des Congolais est un des axes stratégiques du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2024-2025.
Cependant, la question demeure : les infrastructures et les ressources nécessaires sont-elles en place pour soutenir une telle ambition ? La réalité du terrain pourrait bien contredire les discours optimistes. La promesse d’un Kinshasa transformé en « locomotive pour le continent » semble ambitieuse, mais elle nécessite des investissements significatifs dans les infrastructures sportives, l’éducation physique et la sensibilisation à l’importance du sport.
La période précédant le marathon sera cruciale pour établir si la RDC peut réellement se repositionner en tant que hub sportif. Le Ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, évoque quant à lui une « diplomatie sportive » à travers cet événement. L’idée de faire du sport un vecteur de développement et de promotion des talents congolais est séduisante.
Toutefois, il est essentiel de se demander si la RDC dispose des mécanismes nécessaires pour tirer parti de ce nouvel élan. La diplomatie sportive ne se limite pas à l’organisation d’événements, mais nécessite un engagement continu pour soutenir les athlètes, développer des programmes de formation et instaurer un environnement propice à l’épanouissement des talents.
L’organisation d’un marathon est un défi logistique de taille, nécessitant une coordination entre divers acteurs : gouvernement, sponsors, collectivités locales et associations sportives. Alors que le pays aspire à rassembler 15 000 participants, il est crucial de préparer cette rencontre avec sérieux et rigueur. Les retombées d’un tel événement pourraient être considérables, mais elles ne doivent pas occulter les réalités économiques et sociales du pays.
Le Marathon international de Kinshasa pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour le sport en RDC. Cependant, au-delà des discours inspirants et des promesses d’un avenir radieux, la réussite de cet événement dépendra de la capacité du pays à traduire ces ambitions en actions concrètes. La RDC se tient à un carrefour, et l’issue de cette aventure sportive pourrait influencer son image sur la scène internationale. La balle est désormais dans le camp des autorités congolaises.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













