Le silence des armes tarde à s’imposer dans l’Est de la RDC. Après le massacre de plus de 40 fidèles catholiques à Komanda, dans la province de l’Ituri, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) est montée au créneau pour exprimer son indignation et interpeller les autorités sur leur responsabilité.
Dans un communiqué publié lundi, l’épiscopat congolais a dénoncé avec fermeté l’horreur perpétrée dans la paroisse Bienheureuse-Anuarite, où des civils désarmés ont été tués alors qu’ils participaient à une veillée de prière. La CENCO pointe du doigt un énième drame dans une zone censée être sous contrôle renforcé.
« Notre indignation est d’autant plus grande que ce énième massacre survient dans l’une des provinces placées sous état de siège depuis plusieurs années, avec l’appui de la mutualisation des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de l’armée ougandaise (UPDF), ainsi que la présence pluridécennale de la MONUSCO », lit-on dans la déclaration.
La CENCO appelle le gouvernement à assumer ses responsabilités régaliennes, en ouvrant une enquête rigoureuse et transparente. L’institution ecclésiastique s’insurge contre le manque de communication des autorités, qui ne fait qu’alimenter la confusion et le sentiment d’abandon des populations.
« D’aucuns parlent des ADF islamistes, des terroristes ADF/MTM ISCAP. Ces tueurs en série ont-ils un cahier de charges ? À qui profitent ces crimes perpétrés depuis plusieurs années contre des citoyens sans défense ? », s’interroge la CENCO.
Alors que le pays pleure les morts et que les enterrements collectifs s’enchaînent, l’Église catholique exige que la lumière soit faite sur cette tragédie, pour que justice soit rendue aux victimes et que de telles atrocités ne se reproduisent plus.


Ephra Kimuana












