Alfride M’Pongo Landu, aka M’pongo Love, née en 1956. À l’âge de quatre ans en 1960, une piqûre de pénicilline périmée la rend totalement paralysée. Une année après, en 1961, son père décède. En 1963, au bout de deux ans de soins et surtout à la pugnacité de sa mère, elle retrouve l’usage de ses deux jambes mais malheureusement, elle en conserva une légère malformation.
Ancienne secrétaire de direction dans l’une des firmes de Dokolo Augustin, le magnat des affaires, père de Sindika Dokolo. La jeune M’Pongo qui plus petite était choriste à l’église se reconvertie à la musique en 1975 grâce à l’une de ses amies qui était la copine à Empompo Lowayi saxophoniste de talent qui a travaillé aux côtés de Franco Luambo et Tabu Ley Rochereau.
Il devient rapidement son encadreur. En 1976, la première chanson “Pas possible Maty” et c’est le succès immédiat et une carrière époustouflante qui débute grâce au génie d’Empompo Loway.
Sur la scène musicale zaïroise de l’époque coté féminin, elle se partage l’affiche avec une star déjà affirmée, la tigresse Abeti Masikini. La concurrence entre les deux divas fut rude.
Nous sommes en 1977, une rivalité sur fond de diatribe terrible en chanson. Abeti larguera “Bilanda landa” et M’Pongo répondra par “Koba”. La guerre ne prendra fin que grâce à l’intervention des journalistes et chroniqueurs de musique de cette période. Kalonji Ngoy de la télévision nationale les réconcilia en direct à la télé.
En 1980, elle se sépare avec Empompo pour profiter de l’expérience extérieur et modifier sa façon de travailler. Son style se peaufina en une rumba aux accents romantiques dominée par son chant séduisant avec synthétiseur et nouvelles percussions. La chanteuse se fait découvrir en Afrique et en occident.
Atteinte de méningite cérébrale, elle sera plusieurs semaines internée aux Cliniques Universitaires de Kinshasa.
Elle s’éteint le 15 janvier 1990, à fleur d’âge, 34 ans seulement. Très courageuse comme femme, cette cantatrice possédait un timbre de voix admirable, une tessiture d’une rare beauté, une technique vocale qui la différenciait de toutes les chanteuses de son époque et même celle d’aujourd’hui. Elle était remplie de spontanéité et de fraîcheur.
Elle a ouvert le chemin à des nombreux artistes musiciens complexés par leur handicap physique qui ont pris à bras le corps leur savoir faire et sont sortis au grand jour pour exprimer leur talent dans un style qui a souvent surpris : Give Djonolo, Vadio Mabenga, Angela moto na vélo, le groupe des malvoyants Ava Musica et les autres.
Sa mort précoce a été une très grande perte pour la musique congolaise qui longtemps a souffert du manque des voix féminines, une denrée rare ! Nombreux placent Mbilia Bel en pôle position des meilleures voix féminines de la musique congolaise toutes générations confondues. M’Pongo Love n’a pas été dans les mêmes conditions est devant la Cléopâtre Mbilia. Déjà à mobilité réduite puis n’ayant pas eu l’avantage de bénéficier de l’encadrement d’un dinosaure comme Tabu Ley avec le travail de fourmi de L’Afrisa. Simplement chapeau à la maman de Sandra.
Francis Mondombo / Lobjectif.net













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