L’Europe, ce continent qui, depuis des centenaires, semble avoir pris sur lui la mission divine de pointer du doigt la République Démocratique du Congo chaque fois qu’un malheur surgit. Cette fois-ci, c’est le MonkeyPox qui est devenu le bouc émissaire, et quelle surprise ! La Belgique, ce petit pays, qui lance cyniquement les hostilités.
Dès qu’un cas est détecté sur son sol, le lien est immédiatement établi avec la RDC, comme si elle portait le flambeau de toutes les maladies du globe. Mais soyons clairs : la RDC ne peut pas payer le prix de tous les maux de la planète, et il est grand temps de mettre un terme à ce jeu de communication négatif. Il est fascinant de voir comment, en un claquement de doigts, la Belgique a réussi à transformer un simple cas de MonkeyPox en une accusation générale contre la RDC.
Quelle belle démonstration de la logique simpliste qui consiste à mettre tout le malheur du monde sur les épaules d’une nation déjà chargée de tant de stigmates. Un cas isolé, et voilà que la RDC est peinte comme la source de tous les fléaux, comme si le pays avait un monopole sur les maladies exotiques. Les médias belges, avec leur sens aigu du sensationnalisme, ont sauté sur l’occasion pour titiller les peurs.
Ils alimentent une narration qui, au fond, ne repose sur rien d’autre qu’une volonté de justifier des préjugés historiques. La RDC, éternelle victime, doit encore une fois se défendre contre une vague de dénigrement. C’est presque comique, si ce n’était tragique. Face à cette situation, il est impératif que les Congolais se lèvent et prennent la parole.
Ce combat communicationnel contre l’image et les intérêts de la RDC ne doit pas être laissé entre les mains de quelques politiciens ou d’organisations qui semblent s’épanouir dans le malheur d’un pays. Chaque Congolais, où qu’il soit, a un rôle à jouer pour redéfinir la narration et faire entendre sa voix. Il est temps de renverser le récit, de montrer au monde que la RDC n’est pas le réceptacle de toutes les maladies, mais une nation riche de culture, d’histoire et de résilience.
Les Congolais doivent s’unir pour contrecarrer cette diabolisation insidieuse et rappeler que les problèmes de santé publique sont des défis globaux, pas des étiquettes à coller sur un pays déjà stigmatisé. La Belgique, dans sa quête de boucs émissaires, semble oublier que la RDC est également le foyer de personnes, de familles, de rêves et d’espoirs.
Elle ne doit pas porter le poids des erreurs et des négligences d’un monde qui, pour beaucoup, préfère regarder ailleurs. La stigmatisation ne fait que renforcer la division et l’isolement. Au lieu d’ériger des barrières, il est temps de construire des ponts. Ce combat doit être mené par tous les Congolais, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Il est essentiel de revendiquer une image positive de la RDC, de promouvoir ses atouts et de rappeler au monde que la santé publique est une responsabilité collective. Les Congolais doivent s’investir dans la lutte contre la désinformation et promouvoir une vision qui célèbre la diversité et la richesse de leur pays. La Belgique et son approche communicationnelle face au MonkeyPox ne sont qu’une nouvelle illustration d’un vieux réflexe colonial.
Ce réflexe consiste à désigner un coupable et détourner l’attention des véritables enjeux. La RDC ne doit pas être le bouc émissaire de tous les maux de la planète. Au contraire, elle mérite d’être vue pour ce qu’elle est : une nation vivante, vibrante et résiliente, qui refuse de se laisser définir par les étiquettes que d’autres lui imposent. Il est temps, peuple congolais, de faire entendre notre voix et de redéfinir notre histoire.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













