Sous un ciel pesant, comme en écho au climat d’inquiétude qui s’installe dans les ruelles de Muanda, une réunion d’urgence s’est tenue ce matin dans la salle de conférence du bâtiment administratif du territoire. L’ordre du jour : les mesures palliatives face à la montée alarmante de l’insécurité qui secoue la cité côtière.
À l’initiative de madame l’Administrateur du territoire, Amina Panda Kani Laka, cette réunion a rassemblé autour de la même table le Conseil local de sécurité, les représentants de la société civile, ainsi que les membres influents de la corporation des motards, souvent premières victimes et parfois témoins privilégiés des actes de banditisme qui gangrènent les quartiers.

Des témoignages saisissants
La parole s’est rapidement libérée, portée par l’urgence de la situation. Plusieurs motards ont évoqué avec émotion les agressions nocturnes, les embuscades sur les axes secondaires et la peur constante de tomber dans les filets de groupes armés non identifiés. Un climat de méfiance qui mine la mobilité, l’économie locale et la paix sociale.
“Nous ne roulons plus la nuit. Même le jour, nous regardons derrière chaque virage comme si le danger nous poursuivait”, a confié un représentant des motards, visiblement ému.
Une écoute attentive et des engagements fermes
Face à la gravité des témoignages, Madame Amina Panda Kani Laka a réaffirmé sa détermination à restaurer la confiance et la sécurité. Dans un ton à la fois solennel et empathique, elle a appelé à une mobilisation collective, insistant sur l’importance d’une réponse coordonnée et communautaire.
“Muanda ne doit pas devenir un sanctuaire pour les semeurs de chaos. La sécurité de nos concitoyens est une priorité non négociable. Il est temps d’agir, ensemble, avec lucidité et fermeté”, a-t-elle martelé.
Des premières pistes de solution
Plusieurs mesures palliatives ont été discutées et esquissées :
Renforcement des patrouilles mixtes (police, FARDC, services territoriaux) dans les zones sensibles ;
Création d’un canal de signalement rapide entre les motards et les services de sécurité ;
Mise en place d’un comité d’alerte citoyenne, piloté par la société civile ;
Campagnes de sensibilisation pour renforcer la collaboration population-police.
Le Conseil de sécurité s’est engagé à transmettre ces propositions aux échelons supérieurs pour validation et mise en œuvre rapide.
Une lueur d’espoir au cœur du tumulte
Alors que la réunion touchait à sa fin, un sentiment d’unité, rare en des temps de crise, semblait s’être tissé dans la salle. Les visages fermés du début de séance avaient cédé la place à des regards décidés, porteurs d’un espoir fragile mais réel.
Le territoire de Muanda se trouve à la croisée des chemins : céder à la peur ou construire, pierre après pierre, un nouveau pacte de confiance. Ce matin, dans les murs sobres de l’administration territoriale, un premier pas a été franchi.
Muanda veut se relever. Muanda veut respirer.
David NTUMBA, Journaliste indépendant













