Le naufrage tragique du bateau MV Merdi survenu le 3 octobre 2024 sur le Lac Kivu, près de Goma, est un événement qui ne doit pas seulement susciter des condoléances, mais aussi une profonde réflexion sur les réalités de notre pays. Alors que le bilan provisoire fait état de 23 morts, 58 rescapés et plusieurs disparus, il est crucial de s’interroger sur les causes sous-jacentes de ce drame.
La présidence de la République Démocratique du Congo a réagi avec consternation, exprimant ses condoléances et saluant les efforts des services de secours. Toutefois, cette réponse, bien que nécessaire, soulève des questions fondamentales sur la prévention et la gestion des crises dans un contexte où la sécurité et l’infrastructure sont souvent mises à mal.
Pourquoi un si grand nombre de Congolais se voient-ils contraints de recourir à des moyens de transport risqués pour échapper aux dangers sur terre, notamment ceux liés aux conflits avec des groupes armés étrangers comme le M23 et les troupes rwandaises ? Il est révélateur que le choix du transport fluvial soit dicté par la nécessité de contourner des zones dangereuses.
Cela met en lumière une réalité inquiétante : l’incapacité de l’État à garantir la sécurité sur les routes terrestres. La situation des passagers du MV Merdi n’est pas seulement le reflet d’un accident tragique, mais également un symptôme d’une défaillance systémique en matière de transport et de sécurité publique. La réaction du gouvernement, qui a ordonné une enquête pour déterminer les causes de l’accident, est un pas dans la bonne direction.
Mais il est impératif de ne pas se limiter à des mesures superficielles. Il est temps d’adopter une approche proactive. Quelles sont les véritables raisons qui poussent les gens à utiliser des moyens de transport aussi dangereux ? Est-ce uniquement la peur des conflits armés, ou y a-t-il également des problèmes d’infrastructure maritime à résoudre ?
De plus, la déclaration du Président souligne l’importance de la bravoure des secouristes, mais elle doit également inciter à une réflexion sur les moyens mis à disposition de ces derniers. Sont-ils suffisamment équipés pour répondre à ce type de crise ? Quels dispositifs d’urgence existent pour protéger les citoyens dans des situations de ce genre ?
Le naufrage du MV Merdi est un appel à l’action. Au-delà des condoléances et des enquêtes, il est essentiel que les autorités prennent des mesures concrètes pour améliorer la sécurité sur les voies de transport, qu’elles soient maritimes, terrestres ou aériennes. Il est temps de se demander : comment pouvons-nous éviter que de telles tragédies ne se reproduisent ?
Cet événement tragique doit être un catalyseur pour une réflexion plus large sur les défis auxquels notre pays est confronté. La sécurité des citoyens ne doit pas être un sujet de débat, mais une priorité. Il est impératif que le gouvernement agisse non seulement en réaction aux crises, mais aussi en prévention, pour protéger les vies et assurer un avenir plus sûr à tous les Congolais.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













