La RDC, ex-Zaïre, est un pays de la musique. Dans chaque coin de rue, vous trouvez des musiciens. Chaque génération voit l’émergence de nouveaux talents, artistes et vedettes. Le chanteur de charme Ndombe Opetun Paul avait marqué son époque par des chansons gravées à jamais dans la mémoire des mélomanes congolais voire africains.
Des chansons qui furent attribuées à tort ou à raison à l’icône de la musique congolaise et africaine Tabu Ley Rochereau “le seigneur”compte tenu de la texture de sa voix qui se confondait harmonieusement à celle de “Muana ya Tabu”. Pépé Ndombe marqua ses débuts avec la chanson “Hortense”, un tabac dès 1968. D’autres encore suivront: “Batie miso, Librairie Odyssée, Londende, Samba, Kimakango to libala, Mutambula, Nalembi ko juger, Mystère, Longo, Pauline la préférée, Rivera etc.
Les mélomanes congolais furent très gâtés. Rochereau présent ou pas, Pépé Ndombe assurait le spectacle à la satisfaction générale. Un Pépé Ndombe tout feu, tout flamme. Tabu Rochereau avait donc trouvé son pendant au chant. Leur duo fera des merveilles aux côtés de Kasanda René “Muwoso” l’ancien belgicain ,le baryton.

Pépé Ndombe sera à l’Olympia en décembre 1970 avec l’orchestre African Fiesta National, une première pour une nation subsaharienne. À part la vedette principale Tabu Pascal Rochereau, il y avait comme musiciens et chanteurs : Ndombe Pépé, Kasanda René “Muwoso”, Mavatiku Michelino, Lokassa Denis, Vieux Biolo Batilangandi, Empompo Deyesse, Jean Trompette, Kola Philo, Seskain Molenga, Faugus Izeidi, Mbumba Attel etc.. les “Rocherettes”et les deux danseurs Pascal et Gaston.
Un spectacle réussi deux semaines durant sans discontinuer devant la crème de la musique française. Un grand événement à l’époque. Le retour au pays sera mouvementé et fera des mécontents suite au manque des retombées financières conséquentes après ce succès récolté à l’Olympia de Paris. Une expérience enrichissante tout de même malgré eux.
Il va y avoir le gaz dans l’eau qui aboutira à un départ massif de la majeure partie des musiciens-clés qui iront créer l’orchestre Afrizam en 1972, une pâle copie de l’African Fiesta National, l’Afrisa international dès le retour de l’Olympia à partir de 1971. Les partants vont déjà enregistrer les premières défections. Mavatiku Michelino l’accompagnateur va rentrer au bercail donc dans l’Afrisa International pour devenir soliste à la place d’Attel le soliste attitré.
Ce dernier sera bientôt dans l’impossibilité de continuer sa carrière de suite à son suicide manqué consécutif à un problème amoureux avec sa dulcinée journaliste. Un “broken heart” donc, Mbumba Attel sera définitivement perdu pour la musique congolaise et l’Afrizam, un coup dur pour “Muana Ndombe”. L’Afrizam va se renforcer avec l’arrivée de nouveaux éléments.
Ce sera la période la plus prolifique dans la carrière de Pépé Ndombe accompagné au chant par un jeune musicien très prometteur connu déjà dans l’orchestre Tabu National du nom de Kisangani Espérant, Djengaka “chanteur à la voix de velours”, une voix à mi-chemin de Rochereau et Pépé Ndombe. Sans oublier le passage-éclair de Sam Manguana dans l’Afrizam avant d’atterrir dans l’Ok Jazz la même année, “le pigeon-voyageur” en 1972.
Personnellement, je vais découvrir Pépé Ndombe vers 1972, lors d’une visite familiale avec mon père à “Lemba-Foire” chez mon oncle, un ancien photographe-reporter depuis le “Congo-Vox” à la colonisation, et qui deviendra la “voix du Zaïre”. Il est propriétaire d’un hôtel non loin de la Foire internationale de Kinshasa.
Ce jour-là, la radio nationale balança la chanson “Mbumba bika”, une chanson mélancolique dédiée à la mémoire de Mbumba Attel le soliste, un rescapé après sa tentative de suicide. Une chanson très triste et sombre. L’artiste m’avait transmis ses émotions et sa douleur. Et voici que, quelques mois après, alors que je me débarbouillais pour aller à l’école l’après- midi, la même voix sortira à nouveau dans les ondes de notre radio-transistor.
Cette fois-ci, c’était la chanson “Kamulete”. Je me souviendrais alors de cette voix de “Lemba Foire” chez mon oncle. Sans savoir que c’était Ndombe Opetun, une voix que j’attribuerais par ignorance à Tabu Ley Rochereau. Je n’arrivais pas encore à faire le distinguo entre les deux voix. Malheureusement, la chanson n’ira pas jusqu’à la fin, interrompue pour cause d’une brève information. Dommage !
A suivre…
Dary Abega / Lobjectif.net













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