Pakadjuma, on en parle de plus en plus ! Mais il faut y aller pour découvrir cet enfer en plein Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, dans la commune de Limete.
À l’arrivée , une odeur puante vous accueille. L’air y est pollué comme nulle part ailleurs dans la capitale congolaise. Chacune des femmes occupent ce qui ressemble à une petite cabine non aérée, qui leur sert à la fois de résidence et de “lieu de travail”. Le regard est curieux à la vue d’une femme. La première femme que nous avons rencontré et qui a requis l’anonymat se livre à cœur ouvert. ” Je suis une prostituée mais je suis prudente “. Sans vergogne, elle soulève un préservatif et donne des précisions qui donnent froid aux yeux. ” Je couche en moyenne avec 18 hommes par jour pour 1500 Francs congolais par “client”. Et la dame va plus loin en ajoutant que certains hommes sont méchants. Tenez après l’acte, ils prétendent que tu n’as pas bien bougé. Et par conséquent, ils ne paient rien a-t-elle condamné. La pauvre femme brandit son bras , des cicatrices des bagarres au quotidien avec des ” clients” insolvables.

Dans le couloir suivant, une dame nous attend. Elle affirme avoir 33 ans mais elle donne plutôt l’air d’être plus âgée, fatiguée par la misère et ce ” travail” au quotidien à la sueur des cuisses. ” Je ne me voile pas la face, je fais de la prostitution parce que j’ai des enfants à nourrir. Que dois-je faire? Mon homme nous a abandonnés à notre triste sort ” souligne t-elle en cachant son identité. Et à côté d’elle, trois enfants dont l’âge varie entre 12 et 6 ans. La plus jeune, une fillette de 6 ans à un regard tristement joyeux, comme pour dire s”il vous plaît faites quelque chose pour me sortir de cet enfer.
Enfer, le mot parait juste. Et sa sœur de neuf ans justifie le “travail” de sa mère. “Maman n’a pas le choix, c’est la souffrance qui fait qu’elle se prostitue. C’est ce qui nous permet de vivre “. Les enfants sont donc témoins du quotidien infernal de leurs mères. Elles voient des hommes faire des mouvements d’entrée et sortie dans leurs studios.
Djodjo Mafuku












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