Ce mardi 1ᵉʳ avril 2025, depuis 9h00, le Campus de l’ENA RDC vibre d’une énergie singulière. Dans un monde où chaque seconde voit naître une manipulation et mourir une vérité, Patrick Muyaya Katembwe, Ministre de la Communication et Médias, se dresse tel un sculpteur de réalités. Face aux élèves de la 9ᵉ promotion de l’ENA (Mamadou Ndala), il ne vient pas simplement parler. Il vient défier l’illusion.
L’Est de la RDC, déchiré par des conflits aux racines aussi complexes que les minerais enfouis dans son sol, est aujourd’hui le théâtre d’une autre guerre : celle des récits, des narratifs. Entre les balles et les drones, une bataille parallèle fait rage — celle des mots. Des « faits alternatifs » fabriqués par des acteurs obscurs inondent les réseaux, transformant chaque écran en champ de mines cognitif.
Dans cette arène, Patrick Muyaya incarne une rare alchimie : celle du stratège, du sniper et du soldat de l’information. Ministre, mais aussi journaliste dans l’âme, Patrick Muyaya maîtrise l’art de la nuance et du mot juste. Sa conférence, intitulée « Enjeux de la guerre dans l’Est de la RDC : Communication de crise et diplomatie médiatique », ne s’est pas contentée d’analyser. Elle a transcendé et placé l’éthique comme bouclier.
Patrick Muyaya Katembwe a rappelé que dans un monde où « le mensonge voyage en hélicoptère tandis que la vérité marche à pied », le devoir du peuple Congolais est de construire des ponts entre l’urgence et la réflexion. Le ministère qu’il dirige en ces moments de confrontations avec le Rwanda a lancé des plateformes de vérification en temps réel et forme des professionnels de médias aux fact-checking.
Il a tissé des alliances avec des médias locaux, nationaux et internationaux pour contrer les récits mensongers des ennemis de notre peuple. « La vérité n’est pas un slogan, assène-t-il. C’est un muscle. Elle se travaille, se nourrit, et parfois, se défend les poings serrés. » Il faut de l’abnégation pour résister à l’ivresse du simplisme qui a permis au poison Rwandais de prospérer dans ses élucubrations farfelues.
Dans un paysage médiatique où le sensationnel l’emporte trop souvent sur le substantiel, Patrick Muyaya cultive une discipline implacable. « Notre combat n’est pas contre des hommes, mais contre une industrie, explique-t-il. Une industrie du mensonge qui prospère sur la peur et la fragmentation. » Son arme ? Une communication fondée sur la transparence radicale, même lorsque celle-ci expose les failles du pouvoir.
Lors des récentes attaques à Goma, son équipe a diffusé des rapports minutieux, heure par heure, contrant les rumeurs sans tomber dans le déni. « La crédibilité ne se mendie pas, elle se mérite », insiste-t-il, rappelant que chaque silence complice est une victoire pour les marchands de chaos. Devant les futurs hauts fonctionnaires, Patrick Muyaya a évoqué : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur de notre pays. »
En RDC, où les « fake news » servent de carburant aux conflits, nommer juste devient un acte de résistance. Il a décrypté comment les ennemis du peuple Congolais utilisent l’émotion pour court-circuiter la raison, substituant aux analyses géopolitiques des théories complotistes taillées sur mesure. Sa réponse ? Une « diplomatie médiatique » proactive, objective, vigoureuse et instructive.
Former des ambassadeurs de l’information, plaider la cause congolaise dans les médias internationaux, et surtout, instruire, perfectionner, éduquer et actualiser en permanence. « Un citoyen éclairé est un rempart. Chaque élève de l’ENA ici présent doit être un phare, pas un miroir déformant. » Nous sommes à l’aube après la nuit des menteurs. Alors que le soleil matinal inonde l’amphithéâtre, Patrick Muyaya conclut par une métaphore :
« Les pyramides n’ont pas résisté aux siècles par hasard, mais parce que chaque pierre savait pourquoi elle était là. Notre édifice médiatique doit être bâti avec la même clarté et efficacité. » Les élèves ont quitté la salle avec une conviction : dans l’ère du numérique déchaîné, défendre la vérité n’est pas une option, mais un sacerdoce. Patrick Muyaya, lui, est retourné au front. Car dans cette guerre asymétrique, chaque minute compte.
Et comme il l’a murmuré en serrant des mains : « Le poison Rwandais peut courir, mais la vérité le fera toujours trébucher. » Peut-être est-ce cette humanité qui frappe le plus : un rire franc entre deux énarques, des heures passées à écouter et répondre aux questions de l’assistance. Patrick Muyaya incarne une idée simple mais subversive : on peut gouverner sans perdre son âme.
En cette aube de 2025, alors que l’Est de la RDC tremble encore, une génération d’énarques congolais apprend que le plus puissant des pouvoirs n’est pas celui de parler, mais celui de dire la vérité en toutes circonstances. Et cela, aucun algorithme ne pourra jamais le pirater. D’aucuns ont crû que mentir, c’est se diviniser. Or la vérité existe et exprime toujours mieux ce qui se passe dans l’âme. On n’invente que le mensonge.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













