Dans un tweet aussi cinglant que nécessaire, le ministre Patrick Muyaya a rappelé à la junte de Kigali une évidence qui lui échappe : la souveraineté n’est pas négociable. En conditionnant la réouverture de l’aéroport de Goma aux seules autorités congolaises et aux vols humanitaires, Kinshasa trace une ligne claire dans la cendre volcanique du Nord-Kivu.
Une ligne que ni le père – le Rwanda, parrain terroriste – ni le fils – le RDF/M23, milice à sa solde – ne sont invités à franchir. Alors que les complices du chaos tentent de marchander l’accès humanitaire comme on négocie une cargaison de minerais pillés, la RD Congo, aux côtés de partenaires déterminés à Paris, affirme sa dignité retrouvée. Personne ne demanderait aux terroristes installés à Goma de faire de l’humanitaire.
Le contraste est saisissant : d’un côté, le Président Félix Tshisekedi, Emmanuel Macron et Faure Gnassingbé se mobilisent pour les femmes et les enfants meurtris de l’Est ; de l’autre, le régime de Paul Kagame, architecte de cette gouvernance par crimes, s’érige en gardien d’une prison à ciel ouvert, s’opposant avec un cynisme barbare à une aide vitale. Vouloir entraver ce geste humanitaire n’est pas une stratégie.
C’est l’ultime symptôme d’une barbarie institutionnalisée, le râle d’un pouvoir dont le fonds de commerce est le sang et la désolation. La manœuvre est transparente : affamer pour mieux asservir, tuer l’espoir pour prolonger l’occupation. Mais le vent tourne. De Paris à Bruxelles, la voix de la RDC n’est plus une plainte, mais un verdict. Elle porte la vérité des crimes, exige la justice pour les victimes et scelle l’isolement croissant des pyromanes de la région.
La solidarité se structure, et même Bujumbura devient un maillon de cette chaîne de salut pour les déplacés congolais. Le message de Patrick Muyaya est donc bien plus qu’une instruction aéroportuaire. C’est un acte de souveraineté. Une leçon de gouvernance adressée à ceux qui ne connaissent que la gouvernance par proxys et massacres. La légitimité, contrairement aux armes et aux dollars du sang, ne s’achète pas. Elle se défend.
Et aujourd’hui, elle s’appelle “peuple Congolais” représenté par le gouvernement de la RD Congo dont la voix est officiellement portée par Patrick Muyaya Katembwe. Chez le parrain du chaos, une aide humanitaire se paie en minerais, et une vie humaine en monnaie de singe. Le père, le Rwanda, vend des illusions de grandeur, le fils fait le guet ; une belle lignée pour garder la porte d’une prison à ciel ouvert.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













