Lors d’un discours au Kwibuka 31 (célébration de la « libération » du Rwanda), Paul Kagame a lâché une phrase qui résume trente ans de duplicité, d’ingratitude et d’arrogance : « Allez au Diable ! » à l’adresse de ceux qui l’ont recruté, entraîné, soutenu, armé, équipé, financé et protégé, malgré ses crimes.
Une déclaration qui révèle le vrai visage d’un homme dont le pouvoir repose sur une violence méthodique et une trahison calculée. Il est passé de l’enfant-soldat protégé de l’Ouganda au stratège impitoyable. Paul Kagame n’a pas émergé par hasard. Formé à Fort Leavenworth (USA), soutenu par les services ougandais (Museveni) et les réseaux anglo-saxons.
Il a été le fer de lance d’une armée (le FPR) créée pour renverser le régime Habyarimana. De 1986-1994, ce fut l’apprentissage de la guerre. Paul Kagame intègre la National Resistance Army (NRA) de Yoweri Kaguta Museveni, où il se forme à la guérilla. Le FPR, initialement une milice exilée, devient une machine de guerre grâce aux financements étrangers (États-Unis, Royaume-Uni, Belgique).
De 1990-1994 : Il est responsable des attaques répétées du FPR contre le Rwanda, malgré des accords de paix (Arusha). Le 6 Avril 1994 commence le génocide et la prise du pouvoir. Kagame et le FPR exploitent l’assassinat du Président Juvenal Habyarimana pour déclencher une offensive totale. Quelle était la responsabilité de paul Kagame dans l’attentat du 6 avril 1994 ?
Les rapports (Bruguière, Mutsinzi) pointent vers une possible implication du FPR. Il y a eu un double génocide. Si les extrémistes Hutu massacrent les Tutsi, le FPR extermine aussi des centaines de milliers de Hutu (rapport Mucyo, Gersony, ONU 2010). Le Rwanda de Paul Kagame se transforme en un État mafieux sous perfusion des aides financières occidentales. Une fois au pouvoir, Kagame réécrit l’histoire.
Il met en place des méthodes totalitaires, des assassinats politiques (ex. Seth Sendashonga, Patrick Karegeya, Jean-Léonard Rugambage), des emprisonnements arbitraires (Victoire Ingabire, Diane Rwigara), uncontrôle des médias (fermeture de The East African, meurtre de journalistes comme Jean-Léonard Rugambage). Par le pillage de la RDC, il a réussi le casse du siècle.
De 1996-2003, le Rwanda envahit la RD Congo deux fois sous prétexte de traquer les « génocidaires ». Le rapport Mapping (ONU, 2010) établit des Crimes contre l’humanité, massacres de réfugiés Hutu (Tingi-Tingi, Kibeho). Le pillage des ressources (coltan, or, diamants) via des réseaux mafieux (Congo Gold, M23 soutenu par Kigali). Toutes les sanctions contre le Rwanda sont ignorées.
Malgré les preuves, Paul Kagame bénéficie de l’impunité (protections américaines et britanniques).« Allez au Diable ! » : L’ingratitude ultime d’un dictateur. Paul Kagame, une fois installé, se retourne contre ses parrains. Les États-Unis (qui l’ont formé) sont aujourd’hui critiqués pour leur soutien inconditionnel. Le Royaume-Uni (Tony Blair était son conseiller) ferme les yeux sur ses exactions.
La France, après des années de tensions, est désormais la cible de ses diatribes. Pourquoi ce revirement ? Paul Kagame n’a plus besoin d’eux. Il a construit un État policier autosuffisant. Il joue la carte de l’Afrique « souveraine » pour masquer ses crimes. Il sait qu’il est intouchable : Trop de puissances ont trempé dans son ascension. Le vrai visage de Kagame est celui d’un tyran qui se dévoile.
Ce discours du Kwibohora 31 n’est pas une simple colère. C’est l’aveu d’un homme qui ne cache plus sa nature? celle d’un criminel (génocidaire, pillard, assassin). C’est un ingrat (il crache sur ceux qui l’ont fait roi). Un imposteur (il se présente en libérateur alors qu’il a plongé la région dans le chaos). Paul Kagame n’est pas un héros. C’est un produit de la realpolitik occidentale.
C’est un Frankenstein que ses créateurs ne contrôlent plus. Son « Allez au Diable ! » est le cri d’un homme qui sait qu’il a déjà gagné. Le monde a fermé les yeux sur ses crimes, et aujourd’hui, il leur rit au visage. Reste une question : Jusqu’à quand ?
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













