Philemon Mambabwa a livré sa version des faits avec une constance appuyée, se présentant comme un père de famille dont la quiétude a été brutalement perturbée entre 2h et 3h du matin par l’intrusion de trois jeunes hommes inconnus dans sa résidence. Il a maintenu que l’un des garçons, particulièrement agité, donnait “l’impression d’avoir bu un verre de trop”, ce qui l’a contraint à demander aux policiers présents de les “maîtriser”.
Un terme qu’il a pris soin de définir strictement comme “garder le temps que les parents viennent” et non comme un ordre de violence. Il a rappelé le contexte historique des “Kadogos” pour illustrer la nécessité de contenir des jeunes gens résistant aux injonctions, tout en insistant sur le fait qu’il était seul et n’avait nul besoin de proférer des menaces de mort. Le prévenu a fermement contesté avoir mandaté son ami d’enfance John Kanyoni Nsana pour négocier un arrangement à l’amiable.
Selon Monsieur Philemon Mambabwa, l’appel passé à Monsieur John Kanyoni Nsana, qui a été cité nommément par Madame Marie-Ange Mushobekwa, visait uniquement à donner sa version des faits à un proche, alors que l’affaire commençait déjà à enfler sur les réseaux sociaux. Visiblement affecté par l’exposition médiatique, il a déploré les sanctions subies par ses propres filles, Leonnie et Malaïka, qu’il a décrites comme étant déjà lourdement punies.
Privées de sorties et de voyages, mais surtout “insultées et identifiées” sur la place publique numérique. Il a précisé que ce n’était pas sa fille mais bien Claudien Likulia qui lui avait présenté des médicaments, insinuant que le récit de la partie civile comportait des zones d’ombre sur l’emploi du temps des garçons entre 23h et leur arrivée chez lui probablement aux alentours de 2h30 du matin.
L’audition de Philemon Mambabwa a également été marquée par un échange tendu avec le Premier Président de la Cour militaire. Alors que le prévenu insistait pour que des personnalités de haut rang continuellement cités par Madame Marie-Ange Mushobekwa — notamment le VPM Jacquemain Shabani, le Général Likulia (l’oncle paternel des enfants Mushobekwa et accessoirement auditeur général des Forces Armées de la RD Congo).
Mais aussi les généraux Makutu et Tonda, le Colonel Kale Kabasele des services spéciaux de la police, le Ministre d’État de la Justice Guillaume Ngefa et le VPM de l’Intérieur Jacquemain Shabani Lukoo, tous cités de manière excessive par Madame Marie-Ange Likulia — soient appelées à témoigner, le Premier Président de la Cour a sèchement recadré les débats. “C’est au juge d’apprécier qui peut ou pas venir témoigner.
La Cour est indépendante et les noms des généraux et ministres cités par la partie civile Mushobekwa ne l’effraient pas”, a-t-il déclaré, rappelant à Monsieur Philemenon Mambabwa qu’il n’avait pas à “donner l’impression de mener l’instruction”. La défense a néanmoins obtenu que soit soulignée la présence de Claudien, âgé de 18 ans donc majeur, isolé avec Sakina, mineure, pendant une trentaine de minutes dans une chambre fermée à clé selon le témoignage ultérieur de Malaïka.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













