Pêcheurs par tradition, il n’y a personne qui connaît les goûts de poissons du fleuve plus que les Lokele, Basoko, Topoke, Libinza, Bobangi, Ngombe, Bokatola, Akula, Bapoto, Wagénia etc. Ainsi que leurs noms et pour finir, leurs différents modes de cuissons et conservations. Cuits, fumés, braisés, à l’étouffée, salés etc. Normalement, on a deux sortes des préparations de poissons à l’étouffée ou de faire les “Maboke”.
Les Maboke tels que préparés par les pêcheurs au campement sont plus destinés à une conservation à courte durée, une préparation traditionnelle. Préparés à simple base d’emballage fait des feuilles ayant servi aux chikwangues après la consommation. D’habitude avec des poissons très spéciaux comme les “Etonga, Kambanioka voire les Ngolo” avec du sel tout simplement, sans oignons, ni épices.
Ou encore avec du poisson à moitié putréfié, ramassé flottant dans le fleuve “epolu ou lituku”. Deuxième mode de cuisson à l’étouffée, ce sont donc les “Maboke” vendus à titre commercial, ceux qui font la réputation de la cité de Kinkole, N’sele, Maluku et Kinsuka et de quelques “Nganda” de la capitale. Préparés à base des “poissons charnus” comme les “Mboto, Monganza, Mompongo, Mosombo, Nzanda, Malangwa ayant moins d’arêtes.
Mélangés avec de la sauce faite à base d’épices: tomates, piments, oignons, sel, huile végétale emballés dans des feuilles de plantes ( les mêmes pour les chikwangues). “Le kasa ya nkongo” vendus au marché. La cuisinière va découper le poisson en morceaux ,elle en choisira ensuite quelque 3 à 4 sur qui, elle versera de la sauce.
Le tout sera placé dans un fourneau chauffé à plus de 100 degrés celsius par des braises ardentes. La vapeur fera le reste. Ça pourrait durer jusqu’à une heure ou une heure et demi. Le poisson à l’étouffée une fois prêt, sera consommé de préférence avec de l’incontournable chikwangue et rien d’autre.
La cuisson des Maboke est un véritable business juteux qui rapporte beaucoup d’argent dans lequel les citadins de la ville de Kinshasa seraient les véritables clients, la consommation des Maboke est presqu’un luxe par rapport aux paysans. Liboke au pluriel: Maboke. Avec la crise, la préparation des Maboke ne se limite plus qu’aux poissons du fleuve, mais elle s’est élargie aussi aux porcs, tortues, mpose voire les gibiers de la brousse etc.
À bon entendeur, keba na mikuwa !
Dary Abega / Lobjectif.net













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