Le 22 mars 2025, le monde a accueilli avec un mélange d’espoir et de scepticisme l’annonce de la coalition RDF/M23 sur son prétendu retrait de Walikale-centre. Pourtant, à peine quelques jours plus tard, la réalité s’est imposée avec une cruauté sans appel : ces groupes armés sont toujours là, faisant fi des promesses de désescalade qui semblent n’être qu’un lointain écho.
Ainsi, se dresse la question : pourquoi le RDF/M23 persiste-t-il à s’ancrer dans cette région, malgré les promesses de paix? Le 25 mars, l’illusion de retrait a été balayée. La présence visible des rebelles dans la zone, malgré leurs discours sur la « repositionnement » des troupes, évoque plutôt une arrogance sans borne. Ces terroristes qui commettent des carnages partout où ils passent ne respectent rien ni personne.
Lawrence Kanyunka, flambeau de la communication du RDF/M23 et actuellement sous sanctions de l’Union Européenne, a osé accuser les FARDC d’entraver leur mouvement en raison du maintien de drones d’attaque dans la région. Une rhétorique cynique, à l’image de ceux qui ont appris à manipuler la vérité à leur avantage. Il est fascinant, bien que terriblement préoccupant, de voir à quel point le RDF/M23 semble jouer avec les mots.
Leur argumentation repose sur l’idée que la présence des drones entrave leurs opérations, alors même qu’ils ont eux-mêmes violé un cessez-le-feu établi en se déplaçant tranquillement depuis Bunagana jusqu’à occuper Goma et Bukavu. Comme si cela ne suffisait pas, ils sont à Walikale. Ce double langage reflète une stratégie bien huilée : jouer la victime tout en continuant à engendrer le chaos.
Parallèlement, les FARDC, dans un effort louable de désescalade, ont déclaré qu’elles n’entreprendraient aucune action offensive contre le RDF/M23, tout en conservant une vigilance accrue. Cela laisse cependant un goût amer : cette prudence semble être un champ où les actionnaires des violences et des rancœurs jouent à un jeu d’échecs où seule la population innocente est sacrifiée.
Le dilemme est cruel : d’un côté, un gouvernement qui cherche à instaurer la paix, de l’autre, un groupe terroriste qui ne cède en rien, dicté par des intérêts étrangers notamment Rwandais et Ougandais. Les promesses de renoncer à la violence se heurtent à la réalité palpable des armes encore en main de ces criminels. Est-ce cette stratégie de simulation qui leur permet de rester à Walikale-centre ?
Ville, où leur présence n’est rien d’autre qu’un pied de nez à ceux qui souhaitent réellement une paix durable? Les FARDC ont raison d’exiger un droit d’intervention face à toute menace. Cependant, le véritable défi réside dans la capacité à transformer cette réserve en action décisive. Le temps des discours doit céder place à la fermeté, car la paix n’est pas un simple mot à prononcer.
Mais un engagement à défendre, contre tous ceux qui se moquent des normes internationales. La présence persistante du RDF/M23 à Walikale-centre n’est pas qu’une question géographique, mais une problématique qui transcende les frontières. Elle soulève des interrogations sur la volonté réelle de paix, la manipulation des faits, et la souffrance humaine qui en résulte. C’est tout simplement inadmissible.
Un conflit qui semble sans fin, tandis que les véritables perdants restent les populations locales, piégées entre les ambitions dévastatrices d’un groupe terroriste armé par le Rwanda et l’inaction désolante de la communauté internationale en phase de turbulences. Dans ce jeu complexe, il est plus que temps que les Nations-unies prennent des décisions éclairées pour passer de la rhétorique à l’action concrète.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













