Alors que le Burundi prend la tête de l’Union africaine, une propagande proche de Kigali s’active pour discréditer cette présidence sous prétexte de pauvreté ou d’incompétence. Mais derrière ces attaques méprisantes se cache une inquiétude bien réelle : celle de voir enfin l’UA regarder en face les responsabilités du Rwanda dans la déstabilisation de la RDC.
Accuser le Burundi de soutenir une persécution quand il répond à l’appel légitime de Kinshasa pour traquer les forces négatives, c’est fermer les yeux sur ceux qui, depuis des années, arment et soutiennent le RDF/M23 en violation de tous les engagements internationaux. Le Burundi, lui, a eu le courage d’agir là où d’autres se contentent de discours. Il l’a fait parce que le Rwanda a créé, arme et soutient le RED TABARA pour renverser le pouvoir à Bujumbura.
Loin d’être une force d’occupation, les troupes burundaises sont déployées en toute transparence pour la stabilité régionale. Cette expérience du terrain confère au Président Ndayishimiye une légitimité unique pour exiger que l’UA sorte de sa complaisance. Sa présidence peut enfin permettre de mettre à l’ordre du jour les sanctions prévues par les textes de l’Union contre tout État membre qui foule aux pieds la souveraineté de son voisin et alimente les conflits.
Quant à l’argument méprisant sur la pauvreté du Burundi, il est fondamentalement anti-africain. La valeur d’un leadership ne se mesure pas au PIB, mais à sa résilience et à son intégrité. Revenu de loin après des décennies d’épreuves, le Burundi incarne cette Afrique qui se reconstruit sans rente ni prédation. Il peut parler de développement et de paix parce qu’il sait le prix de leur absence, et n’a aucun intérêt à entretenir le chaos chez ses voisins pour prospérer.
Enfin, cette présidence est une opportunité historique pour l’Union africaine de retrouver sa crédibilité. Sous impulsion burundaise, l’UA pourrait cesser d’être une tribune impuissante et devenir le garant du droit international qu’elle est censée être. En osant sanctionner le Rwanda s’il persiste à violer les engagements de paix, le Burundi ne fera pas œuvre de vengeance, mais de justice. Et c’est précisément cela, un leadership africain digne de ce nom.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













