Appelé à comparaître devant la haute cour militaire, siégeant dans le procès du meurtre de Rossy Mukendi Tshimanga, le sous Commissaire Alexis Mukenge Mukenge, renseignant, et agent des renseignements de la Police nationale congolaise (PNC), a sans aller par le dos de la cuillère, enfoncé la Commissaire supérieur adjoint Carine Lokeso Koso.
Le renseignant Alexis Mukenge a confirmé que la prévenue Commissaire supérieure Carine Lokeso avait donné l’ordre au prévenu Brigadier en chef Gérard Tokis Kumbo de tirer sur la victime lors de la marche organisée le 25 février 2018 à la paroisse Saint Benoit dans la Commune de Lemba, lors de la marche organisée par les chrétiens catholiques en l’occurrence le comité Laïc de coordination.
Confrontée devant la barre par le président de cette chambre de la Haute Cour militaire, le général de brigade Martin Ekofo Inganya pour réagir à cette version des faits du renseignant Mukenge, la prévenue Carine Lokeso a tout simplement reconnu le sous-commissaire Alexis Mukenge Wa Mukenge comme un agent non apparent de la PNC, avant de rejeter en bloc ses déclarations qu’elle a qualifiées de mensongères. Appelé à son tour devant la barre pour réagir aux déclarations du bureau deux de la police, le prévenu Gérard Tokis Kumbo dit plutôt ne pas le connaître.
La Cour a constaté une évidence, dans la mesure où le renseignant Mukenge Wa Mukenge a confirmé l’assaut donné par la prévenue Commissaire supérieur Carine Lokeso, déjà déclaré dans l’un des procès-verbaux du prévenu Brigadier en chef Gérard Tokis Kumbo.
Pour la défense de la prévenue Lokeso, l’Auditeur général, en tant que ministère public, doit tirer les leçons de tous les revirements du renseignant Mukenge Wa Mukenge.
Jeu de questions et réponse
S’adressant au renseignant, la Cour l’interroge: oú étiez-vous le 25 février 2018 ? De répondre : nous étions à la parade et chaque SD devait sécuriser son secteur pour éviter de troubles. Le commandant avait donner des instructions pour partager les tâches. A 9 heures, je verrai un groupe des manifestants qui ne priaient pas à saint Benoît, passer pacifiquement devant la paroisse. Ensuite, un deuxième groupe des manifestants. Et je verrai la Commissaire supérieure adjointe Carine Lokeso qui indiquait être venu arrêter ces manifestants. Je lui répondit que ces derniers ne dérangent pas. Par contre, ils manifestent pacifiquement. Carine Lokeso était accompagnée de plusieurs éléments de la police à bord de sa jeep. Carine Lokeso avait laissé la Jeep à Molo et non à Miawu. Propos contredisant les déclarations de Lokeso. Selon Mukenge, en arrivant sur le lieu, Carine Lokeso a fait un mouvement vers les manifestants et dira à l’assaut, comme pour dire aux policiers de tirer! Et de poursuivre ‘’Quand le désordre a commencé, les manifestants ont poussé la porte de l’église et j’ai vu un policier tiré et quelqu’un tombé. Je lui ai dit tu vois ce que tu fais ? Et je dis à Carine as-tu vu ce que ton élément a fait ? À Carine de répondre :’’effacer le tableau ‘’.
Le renseignant a confirmé que la jeep à bord de laquelle se trouvait Carine Lokeso, était arrêté au niveau de la police. Cependant, Carine Lokeso et Tokis Kumbo ont nié cela en disant dit que la jeep avait reculé au croisement des avenues ‘’Molo et Miawu ‘’.
Au ministère public d’interroger le renseignant Alexis Mukenge. Peux-tu confirmer que Carine Lokeso était devant l’église ? Oui, a-t-il répondu. Au ministère public de poursuivre : Elle était habillée en quelle tenue de la police ? en tenue ordinaire de la police, a précisé Mukenge. Je pense pas qu’il avait mis la tenue robot.
Ministère public : devant l’église, vous aviez quelle position ? Arrivés à molo, on avançait tous avec Carine et ses éléments vers l’église.
Ministère public: ‘’ as-tu entendu quand Carine Lokeso entant que commandant escadron mettre en garde les manifestants que la police veut faire usage à l’a gaz lacrymogène et que le bon citoyen se retire ? Non, a répondu Mukenge.
Général Martin: ‘’Quand tu as arrêté Tokis Kumbo, tu as fait combien de mettre pour lui déposer chez Carine? Pas beaucoup de mettre. En l’arrêtant, je l’ai mis à la disposition de Carine disant tu vois ce que ton élément a fait ? Tokis, Carine et moi étions tous devant l’église catholique.
Face à une autre question posée par le juge président Martin Ekofo savoir s’il a eu le temps de faire le rapport faisant état du désordre devant le commandant Ciat et district, il a répondu par la négative étant donné qu’il n’y avait aucun problème et que la situation était plutôt calme.
Confronté aux déclarations de sous commissaire Mukenge, Carine Lokeso a rejeté en bloc les réponses du bureau deux Mukenge. ‘’C’est faux. Je ne pouvait pas faire un travail ensemble avec un non apparent. Je n’ai jamais dit à l’assaut et je n’ai jamais été avec lui devant l’église’’, indique Carine Lokeso.
Le renseignant Alexis Mukenge reviendra à la charge pour confirmer ses déclarations en ce que lorsque Carine Lokeso disait à l’assaut, il était question de faire usage de
gaz lacrymogène. Ainsi, Tokis Kumbo va tirer et la balle atteindra Rossy Mukendi et moi je l’ai arrêté.
Invité à son tour devant la barre, Tokis Kumbo dit ne pas connaître Mukenge et ne peut nullement accepter que ce dernier étant civil, puisse mettre la main sur lui.
Projection des images
Bien avant la comparution de Mukenge, la haute cour militaire avait procédé à la projection des vidéos pour examiner la position de chacun de prévenu sur la scène du crime. Cela, pour éclairer sa religion et aboutir à la manifestation de la vérité sur le vrai bourreau de Rossy Mukendi Tshimanga.
Premier à présenter des images projetées, a été la défense de la prévenue Carine Lokeso.
Au président de la Chambre le général Martin Ekofo d’interroger la défense au sujet de l’intérêt qu’elle avait, de proposer cet élément de la vidéo. Face à cette question, il a été constaté qu’il n’y avait pas de réponse convaincante et claire donnée par la partie prévenue, soutenant que la victime n’a pas été tué à l’église alors que la partie civile démontrée bel et bien qu’elle a été plutôt tué à l’église. Par ailleurs, la Cour a noté que les images projetées par la défense, n’étaient continuent et claires. Car, la démarche de la Haute Cour militaire lors de cette audience, a consisté à savoir si Rossy Mukendi était tombé à l’extérieur où à l’intérieur de la paroisse Saint-Benoît.
Sur quoi la partie civile a fait remarquer à la Haute Cour militaire qu’il y a eu plus des 4 détonations de tirs, cependant, la prévenue Lokeso a indiqué qu’il n’y a en a pas eu si ce n’est que l’utilisation de gaz lacrymogène. Me Peter Ngomo Milambo, l’un des avocats des parties civiles a fait remarquer en outre que la prévenue Lokeso a parlé de l’agitation de la foule. Cependant, les images projetées par son propre avocat, a clairement démontré qu’il n’y avait aucune agitation dans le Chef de la foule. Face aux policiers, les manifestants (la foule ) étaient plutôt très calme et non hostiles.
Me Peter Ngomo a fait en outre observer que Rossy Mukendi est tombé dans l’église et non à l’extérieur comme l’a dit la partie prévenue qui a proposé ces images, lesquelles l’ont clouées.
Le juge président, le général Martin Ékofo Inganya de suspendre l’audience et d’annoncer que la séance prochaine sera consacrée à l’exploitation du rapport médical et de l’expertise balistique.
Nico Kassanda













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